samedi 26 février 2011

Unité...

Je ramasse cette pierre qui me ressemble,

je la fracasse  sur le sol et je regarde ce que je suis:

mille morceaux, mille fragments.

Incertains, hésitants, cassées engloutis pas l'océan du réel multiple,

cet incompréhensible monde en qui je dois me fondre.

***

Les fous, les poètes et les amoureux s'inventent une unité, aussi soudée qu'irréelle.

Les meilleurs essayent tant bien que mal de coller les morceaux de ce qu'ils croient être.

Les médiocres se contentent de quelques petits fragments et balaient le reste.

***

L'unité, cet absolu idéal...

Inatteignable.

Ni par la religion, ni par l'amour ni par la démocratie, ni par la poésie, ni par rien!!

Peut être par la mort; mais personne ne sera là pour le voir.

***

Les vivants ne cessent de tenter de vivre;

et les morts sont ...morts.</blockquote>

Intérieur/extérieur

A l'intérieur, la vieillesse de l'âme, à l'extérieur, l'enfance du monde.

Où fuir?

Comment vivre en équilibre sur les trois millimètres de son épiderme?</blockquote>

Triche

Il ne sert à rien de dire ce que l'on pense être utile.

Il suffit de dire ce qu'on pense être vrai et de laisser le temps faire son oeuvre.

Et la vérité de chacun est son intime et propre souffrance.

Le reste est triche.</blockquote>

mercredi 23 février 2011

Rails

Certains hommes sont ainsi faits

que même dans le plus désolé des déserts, -- là où le sable a déjà enseveli les villes défuntes--

s'il leur arrive de trouver un chemin de fer abandonné; pour avancer, ils en suivront les rails.

Ils penseront: -- même pressentant que les rails ne mènent qu' à nulle part --

"Nous marcherons droit !"</blockquote>

Dans la pomme

Ma voix si maladroite force ma bouche et crie Au secours;

Mais ne reconnaît dans l'Echo qu'un rire cruel.

Elle s'en retourne vite au silence et se dit en elle-même:

"Quel havre de paix ce silence!

On dirait l'intérieur d'une "pomme" posée sur la table de la cuisine"

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Je lui demande: " Pourquoi alors?"

et elle de me répondre:

"Pour trouver un murmure qui me réconcilierait avec la parole.

Dans le silence, gigote le ver de la folie.

Comme dans la pomme."</blockquote>

Près de l'arbre abattu

A la fôret sans heures, près de l'arbre abattu,

des oiseaux, jadis, avaient cherché leurs nids dans le vide vertical.

Beaucoup ensuite redescendront au sol et perdront l'usage de leurs ailes.

Quelques uns seulement, des rouges gorges matinaux,

continueront à chercher leurs nids dans le murmure de l'absence.</blockquote>

mardi 22 février 2011

Oasis

Je ne connais pas de désert autre que celui qui entoure ton oasis

ni de mirage, sur ma route,  qui ne ressemble pas à tes yeux.

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Je ne mourrai pas de soif mais de ne pas te revoir

car ce n'est pas d'eau dont je manque mais de mains qui la porte à mes lèvres;

Et il ne me sauvera que boire dans les tiennes</blockquote>