mercredi 27 juillet 2011

Je...

Je n'est pas un autre, Je n'est pas... Et il n'y a personne pour écrire ce qui n'est pas.
& FIN

samedi 25 juin 2011

Fulgurances

Les mots sont les fruits d'un arbre de la nuit.

Quand ainsi t'enveloppe le silence de la solitude, les mots te sauveront. L'écriture dira ta détresse et la musique t'aidera à chasser les démons de l'abandon.

Aide toi donc de musique et habite pleinement l'éclair qui de temps en temps te traverse. Il ouvre en toi la brèche d'un espace infini. Tiens-toi, autant que tu peux, debout dans ce lieu inconnu. Désaltère ta soif à la source et écris ton poème.

Dis, sais-tu ce que cherches?

Je te le dis: Tu cherches Une confirmation continue de la réalité de ton existence. Puisque tu ne trouves, en toi-même, rien qui le confirme à priori.

Ne te plains pas de tes blessures, même quand tu ne les mérite pas. Ton cœur mille fois fracturé... est la preuve vivante qu'il est dur comme la pierre. L'une et l'autre te sont nécessaires: ta force et ta faiblesse. La vie est leur équilibre qui se construit.

Ne t'agites plus vainement. Le temps est une araignée qui tisse sa toile à la perfection. tu n'y échappes pas, mais tu as le loisir de ne pas pourrir si tu persévère à aimer.

Ton corps est toujours nu. Les vêtements le cachent à autrui, jamais à lui même. L'âme aussi est toujours nue, mais c'est ton esprit menteur qui la cache à elle-même.

Il te faut, pourtant, toujours porter en toi la nostalgie du pays perdu. Refuser les compromissions et ne pas oublier. Ce pays perdu n'est autre que l'âme éternelle qui sommeille en toi. Il n'y en a pas d'autre.

Souris car ton sourire est beau. Le sourire le plus beau est celui des gens tristes. Il recèle souvent une sorte de dignité, d'élévation, de douceur, de mystère... La confirmation secrète que l'on peut vaincre le néant.

Ne fuis pas. Ne dors jamais avant que tu n'aies cueilli les fruits de ta nuit.

Voilà,... maintenant, tu peux dormir.</blockquote>

Possession

L'âme est vaste, mais tu ne peux pourtant rien mettre dedans.

Le vide ne se remplit pas.

Tout ce que tu possèdes, ne serait-ce que l'idée de posséder, est de trop.

****

Reposes tes mains de tenir ce qui, absurdement, les fatigue

Laisse les caresser le visage de l'univers.</blockquote>

jeudi 23 juin 2011

Roi

Il était roi de lui-même mais se tenait seul...

Échec...

Personne ne peut imaginer sa détresse, quand il n'avait plus où aller sur les carreaux de l'échiquier.

A l'avant, la lucidité élèvait le mur de la réalité, A l'arrière, l'amour lui niait tout retour au néant.

Et Mat.

Sa vie a commencé quand il a abdiqué.</blockquote>

mercredi 22 juin 2011

Ordinaire

C'est un homme ordinaire...

qui n'a jamais cru aux grandes foutaises qu'inventent les hommes: La religion, la politique, le progrès...

Mais qui a toujours cru en ce que disait le bruissement des feuilles quand soufflait le vent,

ce que disait la solitude des étoiles quand tombait la nuit et ce que chantaient les oiseaux à l'aurore le lendemain.

C'est un homme ordinaire qui s'en va. Ses blessures ne sont pas héroïques, mais elles on été quotidiennes

Il a résisté autant qu'il a pu...

Il connait déjà son épitaphe: Un de moins.</blockquote>

samedi 18 juin 2011

Les habitants du ciel

Nous n'habitons pas la Terre. Nous habitons le ciel. Littéralement.

Mais un mauvais jeu de langage nous empêche de le saisir. Nous nous disons Habitants de la Terre, alors qu'elle n'existe réellement que sous nous pieds.

Il n'y a pas de ciel ou l'on monte. Nous y sommes déjà. Seul, à l'instant de l'ensevelissement, nous revenons à la Terre. Et là commence la vie souterraine de l'âme, cette âme qui ne parvient pas à se détacher de son contenant et de se prendre pour sa forme.  Certains ont appelé cela l'enfer.

Le paradis serait que la conscience demeure définitivement là où elle est maintenant. Pour cela, il faudra qu'elle accepte de cesser d'appartenir à quelqu'un. Qu'elle habite, dès maintenant, et littéralement, dans l'espace infini qui s'offre à ses yeux.</blockquote>

vendredi 17 juin 2011

Quelques mots...

J'aimerai inventer des mots pour toi!

Une langue que je ne parlerais que pour toi,

et que toi seule comprendrais.

Mais elle n'existe dans nul dictionnaire; nulle part ailleurs que dans mon cœur.

***

Écoute ! C'est mon cœur qui bat!

Entre un battement et un autre, il y a un silence qui désire te dire...ce qui ne peut être dit.

Je me résigne donc à ces quelques mots...

qui ne sont que la grossière caricature des mots que je ne connais pas.

***

Mes bras ouverts rappellent au vent qu'il doit tenir sa promesse de te ramener au rivage.

Mes lèvres sèches rappellent à la pluie qu'elle doit tenir sa promesse de désaltérer ta soif.

Mes yeux clos rappellent au soleil qu'il doit tenir sa promesse de te couvrir de lumière.

Mon sang qui coule rappelle au temps qu'il doit tenir sa promesse de t'oublier.

***

Ma vie respire l'air de ton sourire heureux.

mercredi 15 juin 2011

Tête lourde

Ta tête lourde trône sur tes épaules. Et ne te courbe le dos que son énorme poids.

De quoi l'as tu alourdi, innocent?

Rien n'est digne d'être retenu; excepté la lumière d'un soleil absent...

et sa lumière ne pèse pas.</blockquote>

Imprégnation

Imprègne toi définitivement, jusqu'à la moelle de tes os, de l'inaltérable conviction que tout passe.

Jusqu'à ce que passer devienne ta nature-même. Jusqu'à ce que tu deviennes le chemin par lequel tu passes.</blockquote>

Hauteur

Il faut avoir le regard haut ...

Comme si l'on regardait du haut de la montagne; Comme si l'on avait une montagne dans le regard.

Qu'il n'atteigne nos yeux, que cela qui y monte.</blockquote>

lundi 13 juin 2011

Bavardage

Je ne crois en rien, je ne vaux pas grand chose, et pourtant tous les matins, je me lève. J'ai le destin d'un être humain sur Terre. Et quand je me lève, la première chose que je remarque, est que les oiseaux chantent; alors que les humains ne chantent pas; ils bavardent. Aujourd'hui au travail, j'ai écrit ceci: "Le processus en question ne répond pas à nos exigences. Ni en termes d'efficacité opérationnelle, ni en termes de gains commerciaux". C'est bien ce genre de phrases qui me rapporte mon pain quotidien. Puis j'ai écrit ceci à la pause déjeuner, en sirotant un thé : "Dans leur sommeil, les scies rêvent de bois; mais les scies sont de métal. Dans leur sommeil, les hommes rêvent d'air; mais les hommes sont d'argile. Une argile peut-être tombée du ciel (sinon, d'où vient la nostalgie?), mais qui, au fil du temps, est devenu diamant à couper le silence." Ce genre de phrases ne me rapporte rien.

Les hommes bavardent. Ils bavardent tellement qu'à premier abord, c'est à donner raison à Céline qui affirmait que: " le monde n'est, la plupart du temps, qu'une immense entreprise à se foutre du monde".

Ceci dit, en approfondissant un peu les choses, je trouve tout à fait normal que ce sont bien les phrases du premier type me rapportent mon salaire;  puisque les phrases du deuxième type me rapportent ce que je crois être des aperçus de la vérité.

Et comme nous le savons tous, la vérité n'a pas de prix.</blockquote>

samedi 11 juin 2011

La nature des choses

Aux pierres, la gravité

Aux aigles, la hauteur Aux abeilles, le miel Aux rossignols, le chant Aux roses, le parfum

Aux fous, la liberté Aux raisonnables, la parole

Pour moi, de l'air!</blockquote>

Justice

Aujourd'hui à Tunis

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Il est midi. Le soleil à la verticale tape fort. L'air est sec.

Au feu rouge, s'arrête une luxueuse berline allemande, avec une femme d'une trentaine d'année au volant et son enfant solidement attachée à son siège-bébé, à l'arrière. S'approche de la voiture , une femme, pauvre, mal vêtue, une mendiante, du même âge que celle qui conduit, et solidement attaché à son cou son enfant, du même âge que le bébé à l'arrière...Elle demande quelques pièces.

Dans le regard de la première, il y a de la pitié et du dégoût, dans celui de la deuxième, il y a de l'envie et de l'amertume. Les deux semblent se poser la question de la justice dans ce monde. Leurs réponses, certes, diffèreront.

Les deux enfants semblent fatigués, ils somnolent. Ils sourient pourtant. Pour eux, le monde est encore un rêve. Il y a peut-être une heure de faim ou de soif qui les séparent, mais malgré tout, ils se ressemblent encore.

Entre ceux qui en ont trop et ceux qui n'en ont pas assez, la justice n'a pas encore sorti son glaive de son fourreau.

vendredi 10 juin 2011

Q/R

A ceux qui me diraient qu'il y a eu révolution dans le pays;

je dirai que je suis un homme libre.

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A ceux qui me diraient qu'il y va y avoir des élections dans le pays;

je dirai que j'ai déjà élu.

----

A ceux qui me demanderaient ce que je veux dire ;

Je répondrai: de la poésie, seulement.

----

A ceux qui me demanderaient ou est ce que je vis,

je répondrai: dans le coeur de celle qui m'aime...</blockquote>

Bruits

Non seulement éviter les bruits du dehors

mais également faire taire le bruit en soi...

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Plutôt se taire, donc;

et apprendre à se contenter du vide :

cette glaise dont a été fait l'être, avant qu'il n'y soit planté des mots.</blockquote>

dimanche 5 juin 2011

rêve lunaire

Je mets les pieds sur les utopies que je jette devant moi pour tenter de marcher sur l'eau

Je me noie, certes; mais c'est dans le reflet d'une pleine lune sur le lac.

Mon éternité sera un rêve lunaire.</blockquote>

La paix

La paix ne se dit pas, ne se raconte pas...

Mais si je devais la décrire, je dirais que sa propriété essentielle, est qu'elle est infiniment élastique.

Elle peut s'étirer au delà de ce nous connaissons. Elle peut contenir ce qui nous semble au départ incontenable.

Ainsi l'esprit qui un jour a découvert sa capacité à accueillir peut à jamais tout accueillir. Il n'a qu'à s'ouvrir d'avantage.

Elle peut revêtir divers habits: Parmi ses plus belles robes, il y a la compassion, le pardon, la patience, la bonté, la joie...

Mais sa plus belle robe est une robe de lumière;

une nudité de l'âme, qu'ici bas nous nommons Amour.</blockquote>

jeudi 2 juin 2011

Ouverture

Élargir son cœur jusqu'à ce qu'il contienne le monde.

pour sentir s'accomplir en soi le destin d'un homme...

un homme tel que un Dieu l'aurait voulu .</blockquote>

dimanche 29 mai 2011

Moïse

Je m'approchais du cercle de la bougie que tenait l'ange céleste;

jusqu'à sa flamme magnétique.

Son feu divin a l'ardeur du feu qui éblouit...sans consumer.

J'y ai mis les mains et j'ai bu son feu.

--

J'étais le prisonnier assoiffé; et elle a descellé mon verbe.

Je suis devenu le prophète de son amour; et son poème est devenu ma loi.</blockquote>

mardi 24 mai 2011

Blues

Il y avait pénurie.

Pénurie d'instants vrais, Pénurie de lieux réels .

Nous criions famine; mais nous étions poussières

et découvrions l'amertume de ne rien pouvoir les uns pour les autres ...

Il nous a fallu l'exode sur papier jauni

pour transformer notre exil en promesse.

....

Pourtant,

de l'autre rive,

du havre sans nom, là ou ne retentissent plus nos chaînes;

Des fois encore,

la nostalgie de la vie perdue élance comme une écharde,

et le poème est le cri que nous retenons.</blockquote>

lundi 23 mai 2011

Flamme

Comme si dans le noir intérieur, quelqu'un avait gratté une allumette

pour raviver la flamme éclairante d'une immémoriale quiétude...

Apparaissent dans la pénombre, les ombres dansantes des illusions.

Mais personne ne se trompe .</blockquote>

samedi 21 mai 2011

Ciel (2)

Laissez venir à vous ce que vous croyez être vos peurs et vos faiblesses;

Toutes s'en iront d'elles mêmes; une conscience libre n'a jamais été leur terrain fertile.

Il restera vous; calme et serein, débarrassé de toutes les scories du devenir

comme un ciel dégagé des poussières que lèvent la tempête.</blockquote>

Ciel (1)

Le ciel commence moins d'un millimètre au dessus de la terre. Mais il vous faut vous débarrasser du poids du monde pour l'atteindre.

Acceptez de perdre attache avec le temps et vous y voltigerez.</blockquote>

jeudi 19 mai 2011

En silence

Être très proche de la terre; pour apprendre le silence des racines,

nourrissant l'arbre entier,

humblement, sans réclamer leur part de soleil.</blockquote>

Aux soldats

Le vol des aigles ne laisse pas de traces dans le ciel; mais des cicatrices dans les cœurs de leurs proies. Les aigles traversent en silence puis disparaissent glorieux.

---

Nos braves nous ont enseigné:  "Nous aimons la vie; elle-même qui nous aime tant! Mais jamais nous n'aurons peur de la mort. Nous la respectons. Parce que nous nous respectons."

Ils sont morts Soldats, pour nous offrir la vie. Ils ont pour eux l'honneur et la dignité; et ne nous laissent pas le choix d'oublier.

Ceux-là, nous engagent à  respecter leur sacrifice à mesure qu'ils se respectaient et à chérir leurs mémoires à mesure qu'ils nous aimaient.

Qu'ils vivent!</blockquote>

dimanche 15 mai 2011

Lassitude

Que pèseront ces mots dans les grandes bibliothèques du monde ?

Sans doute moins que le vol d'une luciole dans une foret sombre...

J'écris sans aucune nécessité mais seulement pour témoigner d'être en vie

... même quand il y a cette grande lassitude de tout et l'immense attente d'autre chose.</blockquote>

???

L'incipit fut un cri.

***

Le piano connaît-il la note suivante sur la partition? la plume connaît-elle le prochain chapitre de l'histoire ? Pouvons nous dire, de quoi demain sera t-il fait ?

Les mauvaises questions amènent les mauvaises réponses.

****

Entretemps, il faut respirer.

****

Le piano entend t-il la musique qui naît dans ses entrailles ? La plume lit-elle les mots qu'elle écrit ? L'homme peut-il se connaître ?

Les bonnes questions demeurent irrésolues.

***

L'excipit sera un soupir.

Almée

Une almée aux mots rares

me fait le jour danser entre ses mains et la nuit mourir entre ses jambes.

Puis, me laisse renaître quand revient le soleil...

Tout ce que je dis après n'est que l'écho du tintement de ses bijoux

sur le sol aride de ma maison.

----

Le jeu des mots me sert à désarticuler toutes les absences.</blockquote>

vendredi 13 mai 2011

Contradictions

Ils réduisent, résument, limitent, brisent, enserrent, ferment, séparent... Qu'il s'agisse d'une idée, d'une intuition, d'une possibilité, d'un amour, d'une prière, de leurs vies en particulier ou de la vie en général...

Ils n'ont pas compris ou ne veulent pas comprendre, qu' être humain, c'est le contraire. Quand bien même c'est difficile à voir.

Le plus complexe a bien les apparences du plus simple, l'infiniment grand ressemble à l'infiniment petit, la lumière indépassable paraît immobile et l'éternité sans bornes réside dans l'instant pleinement vécu,...

L'évidence est un mystère et la sagesse a toujours un air de folie. Mais il ne faut pas s'écarteler.</blockquote>

mercredi 11 mai 2011

Posture

Langue disciplinée et cœur indépendant; Mes ailes à voler au dessus des querelles...

---- Je me souviens d'un recueil de poésie dont le titre est le message d'une plaque de signalisation que l'on utilise à l'approche des chantiers:                                                         Ralentir                                         ---                                    Travaux

Les choses avaient subitement accéléré. J'ai délibérément ralenti. Je me suis éloigné.

Mais ce n'est pour l'instant que posture. Car je n'ai pas renoncé au monde; je n'ai pas la vanité de le croire et encore moins la force de le faire.

Il s'agit d'abord pour moi de surmonter les apparences d'un épisode, sans m'illusionner les circonscrire tout à fait; et de trouver  pour le moment un être ailleurs, une parole autre.</blockquote>

lundi 9 mai 2011

Transparence

En dépit d'un monde qui lui est parfaitement hostile; nous avons entrepris de faire de la transparence notre seule et unique quête.

Le silence est notre allié dans ce vœu secret. Le royaume que nous visons est tel que nous-mêmes ainsi que les choses muettes qui peuplent notre univers, y serons souverains par nos seules présences.</blockquote>

Religion

Toute poésie, toute recherche spirituelle, toute aspiration à l'amour, à la liberté, à la perfection,à la vérité...Tout cela... ce n'est en réalité que des cailloux que nous jetons désespérément à la face de notre mal de vivre; comme ces pèlerins de l'islam qui, à la fin du rite, jettent chacun ses sept cailloux à la face d'un diable habitant quelque puits de la Mecque.

Voilà des siècles maintenant, que nous aussi caillassons des puits vides ; des siècles que nous nous sommes faits de la beauté une religion.</blockquote>

samedi 7 mai 2011

Courage

Le seul courage est de ne pas accepter de donner la main à un désespoir qui, lâchement, vous tend la sienne.

Le seul courage est de démentir une fatalité non advenue; en se détournant, autant que possible, du chemin du pire.</blockquote>

Salut

In girum imus nocte et consumimur igni. *

Il n'y a de salut qu'en se tenant immobile dans la clarté intérieure.

A une certaine étrange hauteur, l'esprit habite silencieusement l'intégralité de l'espace et du temps.

----

* Virgile: "Nous tournons en rond dans le noir et nous sommes consumés par le feu."

jeudi 5 mai 2011

Abri

Comment préserver en soi cet abri lumineux; où nous pouvons retourner quand le ciel s'obscurcit dehors ?

Comment trouver dans la lumière des justifications à la solitude ?</blockquote>

Le poids du monde

Tu peux certains jours avoir le sentiment que tu portes tout le poids du monde sur tes seules petites épaules;  mais tu te trompes ...lourdement!

La stricte réalité est que c'est bien lui qui n'a, sans gémir, jamais cessé de te porter.</blockquote>

Cendres

Au matin, il me restait encore sur les mains les cendres de mes rêveries crépusculaires. Une longue nuit sans lune les avait brûlés vives.

Au matin, je m'en suis lavé les mains à la rivière de l'oubli!</blockquote>

mardi 3 mai 2011

Ombre

Qui suis-je, sinon une ombre en attente de son corps , sinon un corps en attente de son âme ?

Qui suis-je, sinon l'amant d'une terre qui attend son enfant, sinon l'enfant d'un ciel qui attend les hommes ?</blockquote>

S'étrangler

S'étrangler à vouloir... ---quand bien même tu ne veux pas plus que vivre---

S'étrangler donc à vivre et vivre, jusqu'à ne plus en pouvoir.

....

Telle est l'unique vérité du désespéré chercheur d'absolu

qui ne veut pas que la terre soit uniquement son vulgaire mouroir!</blockquote>

lundi 2 mai 2011

Lâcher-prise

Acceptez et la terre est un paradis. Refusez et la terre est un enfer.

Questions

Qu'est ce que je sais? Rien? Rien qui vaille? Ce qu'il faut? Plus qu'il n'en faut? Tout?

Serais-je le seul qui ne saurait rien? Dois-je agir comme si je ne savais rien? Comment dois-je alors appeler ce que je crois savoir?

Et si je me disais que tout ce que je sais est faux? Et si tout ce que je pensais savoir s'avérait faux?

Est-ce ce monde qui est faux ? ou est ce vivre qui l'est ?

Quelqu'un sait-il quelque chose ?</blockquote>

jeudi 28 avril 2011

La liberté

Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. René char

Le passé n'a rien légué au futur. Nos actions comme nos paroles sont inutiles pour sauvegarder un trésor que nous sommes incapables de nommer.

En l'absence d'une conscience capable de donner un sens à l'histoire, ce trésor n'a de valeur que pour les morts. Il n'en a aucune pour les vivants.

L'acte reste inachevé et l'événement nous échappe.

Tu avais raison Ivan Karamazov: Les hommes ne sont peut-être pas faits pour la liberté.

lundi 25 avril 2011

Point de vue

Devant moi la mer bleue, et par delà les brumes, à l'horizon, s'élève le fantôme d'un petit îlot méditerranéen. Des oiseaux marins, planant au dessus de la plage en poussant leurs cris typiques, complètent le tableau de ce matin pluvieux.

Ma divagation me fait subitement remarquer que je ne percevais pas la moindre différence de nature entre moi et le paysage que je regardais. Il me semblait que je pouvais à chaque instant adopter le point de vue de la mer, de l'île ou celui des oiseaux et me voir assis les regardant.

Je venais de faire un avec le monde; et j'ai vu qu'il se regardait.

Intensément.</blockquote>

dimanche 24 avril 2011

Repos

L'ululement de la chouette et le hurlement lointain d'un chien errant habillent le silence nu de la nuit. Le son de mes pas, cheminant sur les pavés déserts, remonte à mes oreilles. Ils ont le rythme de la quiétude.

Dans ma tête, il n' y a ni devant ni derrière, ni avant ni après; seulement ce qui est nécessaire au mouvement régulier de mes pieds au même rythme que les battements de mon cœur.

A quoi je pensais en marchant?

Je ne sais pas. Ma mémoire était inactive et ne consignait pratiquement rien. Je ne pensais peut-être à rien, ou peut-être que je pensais à tout! En réalité, je pense qu'il n'y avait, en cet instant, aucune nécessité à penser

C'est l'univers entier qui avait décidé de me décharger de ce fardeau. C'est lui qui pensait mon existence, puisque j'étais là, me mouvant en son sein, alors que mon esprit s'endormait paisiblement!</blockquote>

mardi 19 avril 2011

Chronique

Le hasard -ou la providence- font que mon trajet quotidien pour aller au travail soit l'axe Est-Ouest de la ville. Mon regard, en dépit de la torpeur du matin et de la fatigue du soir, n'oublie pas d'admirer tout le long de ce trajet aligné à l'axe solaire, la beauté de l'aurore à l'aller; et au retour, le flamboiement du crépuscule .

Et je me dis que vivre n'est autre que de regarder le soleil dans les yeux.

Oui, il y a bien eu ces regards furtifs, volés, où le temps d'un instant, se sont peut-être, croisés, nos destins rêvés. Et puis, nos cœurs en peine, tous les deux, nous sommes finalement revenus à la vie absente où vivre s'y résume d'abord à l'attente et ensuite à l'oubli...

La terre tourne et le monde, invariablement, poursuit sa course folle...</blockquote>

lundi 18 avril 2011

Danse

Que j'aimerai devenir ce derviche tourneur qui a la danse de l'amour en dedans de lui

la main tournée en haut pour recevoir le don la main tournée en bas en un geste d'offrande</blockquote>

De source autorisée

L'arbre solitaire m'a révélé le secret de la vie

Il m'a dit: je m'élève car j'ai confiance.</blockquote>

Conversation

Il est de très belles conversations où l'on n'utilise pas de mots.

Heureux ceux et celles qui aiment se taire ensemble Heureux ceux et celles dont le silence scelle l'entente.</blockquote>

Election

Il se présenta aux élections et déclara son programme :

Abolir le temps, Célébrer la beauté, Résister à la fatalité, Vivifier l'espérance

La foule fit rapidement volte face "Ce n'est pas sérieux. c'est un non-sens!"

Et les voyant partir, il ne put s'empêcher de sourire:

"Pauvres amis... Je ne vous ai proposé rien d'autre que ce dont vos âmes sont capables.</blockquote>

samedi 16 avril 2011

Quand vient la nuit

Emprisonne la lumière du soleil dans la prunelle de tes yeux

Découpe un morceau du ciel et fais-en leurs iris bleu

Quand vient la nuit, regarde! En toi, poète, les étoiles voient le jour.</blockquote>

Exercice matinal

Le nuage léger s'éloigne paisiblement sans rayer le ciel
l'oiseau inconnu, égaye les heures fragiles de l'aurore...

Accorde ton être à l'invisible souffle qui anime le monde

Ne retiens pas...

Ouvre les portes Que la vie te traverse</blockquote>

Phares

Il y a de la douleur...

Il y a des déceptions

des désastres des meurtres et des injustices

Et vous, âmes pures, auriez, si vous le décidez, toutes les raisons  pour abdiquer

mais comme le phare qui connait l'orage et les nuits solitaires

le froid et la folie du vent,

et du fonds des ténèbres, continue de briller aux navigants qui cherchent la terre;

vos cœurs aussi sont des phares

qui n'ont de raisons pour battre

que d'espérer que d'aimer que d'éclairer la route aux autres

Leur unique prière est et sera toujours que l'humanité puisse demeurer humaine.</blockquote>

lundi 4 avril 2011

Exigence

Exiger de soi l'inclémence face à sa propre paresse. Exiger de soi la révolte face sa propre servitude.

S'arracher à la stagnance de sa vase...pour fleurir!</blockquote>

Suspension

Ne te soumets qu'à ta propre lumière ...si jamais tu parviens à la trouver

En attendant, suspends ton jugement; tu te mens autant que les hommes te mentent!</blockquote>

mercredi 30 mars 2011

Chute

Non, je n'écris pas parce que j'ai la tête dans les nuages;

mais bien parce que le sol sans cesse, se dérobe sous mes pieds;

... ainsi mon inexorable chute fait croire que je vole.

****

Ce n'est que lentement, néanmoins, que je tombe, très lentement ...

car il faut aussi croire que ce qu'écrit un homme ne pèse pas plus lourd qu'une feuille morte</blockquote>

mardi 29 mars 2011

Choix

Si tant est qu'en cette vie tu peux choisir; alors choisis d'être là où erre ta vérité.

absence momentanée

Il y a ce vide qui sans crier gare s'intercale entre deux morceaux de réalité

et que pris de court, on ne peut s'empêcher de parcourir pendant quelques instants;

le regard, figé, tourné vers un "on ne sait où"

vers un "ailleurs", situé derrière l'horizon ;

même quand l'horizon n'est que la ligne du mouvement d'une fourmi sur le sol...

...

avant qu'on ne se ressaisisse, et qu'on se raccroche au premier prétexte par lequel on puisse revenir au monde

...

Dis Edward*; Où allons nous donc quand nous nous absentons ?

--------

* voir "Excursion into philosophy" d'Edward Hopper (et ses autres tableaux)</blockquote>

lundi 28 mars 2011

Le baiser

Miracle qui naît au dessus l'abîme,

quand, dans tes yeux qui se ferment, resplendit la lueur de notre étoile commune.

Tremblant désir, quand nos lèvres avides élisent demeure au midi de nos cœurs battants.

...

Et nos langues, consentant à la rencontre, se taisent

pour mieux dire le crépitement du feu qui nous brûle les entrailles.</blockquote>

Obélisque

Homme!

Obélisque inachevé

gisant dans le néant depuis l'éternité;

Aurons nous donc le temps de finir l'ouvrage

et de te relever?</blockquote>

vendredi 25 mars 2011

Dépoussiérage

Le soir venu, prends la peine de jeter un regard tendre derrière toi.

Regarde le nuage de poussière qui s'élève chaque jour dans ton sillage; et médite au mot adéquat qui décrit ton agitation sans but.

Le mot est  toujours le même; pour tous: Vain.

Si tu n'y parviens pas; alors, avant que tu ne vois sur le cadran de l'horloge, ta vie en déséquilibre basculer irréversiblement vers demain,

efface tout et contente toi d'un haussement d'épaules;

ou mieux encore,  d'un sourire bienveillant, mais celui-là, combien faut-il purifier son cœur pour le mériter...</blockquote>

Ballon de baudruche

L'ultime fond sonore que je parviens à déceler en essayant d'écouter à l'intérieur de ma tête est un rire, un fou rire.

Celui qui rit est un clown, un sauvage, un clochard...un bouffon qui se fout éperdument de tous les mots galvaudés que j'utilise ça et là.

Il sommeille dans un coin de ma tête, y fait les poubelles et m'empêche de son rire, de me complaire dans l'impudence de mon sentimentalisme pathétique.

Il rit de ma fatuité, celle qui me fait croire que je suis aérien alors que je ne suis qu'un ballon de baudruche épris de nuages.</blockquote>

Aveu

Ce poème que je n'écris pas...

qui me le dicteras, sinon cet échec à vivre hors de mon royaume?

et pourtant ...

il me faut l'écrire pour reconquérir ma figure humaine; pour camoufler cette cicatrice dans mon regard.</blockquote>

mercredi 16 mars 2011

Travail de nuit

Chaque soir

au fin fond de sa tête aller chercher un éclat de lumière

pour adoucir l'amertume de l'ombre qui s'abat sur la ville.

***

à l'extrême limite de son cœur un mouchoir blanc

pour effacer la constellation de misères qui affecte les hommes.

***

au plus profond de ses yeux la couleur d'un sourire

pour épargner aux astres l'indifférence du regard fatigué

***

Mais surtout...

en son plus lointain intérieur une compagnie

pour se rassurer de la frayeur de la solitude... et une fois de plus, dire oui à la nuit.</blockquote>

Le mime

Le mime n'avance plus. Il fait face à un mur, invisible certes, mais qui nous paraît aussi réel qu'une muraille de pierres.

Nous nous posons la question: Mais n'est-il pas irréel, ce mur ?

Pour nous, spectateurs, oui; le mur est irréel, nous ne le voyons pas. Et pourtant, nous croyons volontiers que le mime est devant un obstacle; et c'est là précisément tout le sens de sa performance.

Pour le mime par contre, non. Pendant son spectacle, le mur est aussi réel que lui-même. Et pourtant, lui, sait parfaitement que c'est une illusion. Mais il ne s'avise pas de la briser sous peine de rater sa prestation.

...

Il est de même pour nous. Nous sommes chacun mime de sa propre vie, et comme le mime qui sculpte un mur dans l'espace, nous sculptons une existence dans le néant.

La différence est que le mime sur la planche du théâtre sait qu'il est le créateur de l'illusion. Nous par contre, nous ne sommes pas conscients de notre condition de mime. Nous nous cognons aux parois des existences que nous nous sommes créées comme si elles étaient réelles. D'ailleurs, nous appelons fous, ceux d'entre nous qui traversent les leurs.

Tout l'art de vivre est de savoir que le mur invisible de l'existence est autant illusoire que nécessaire à la création du spectacle; et  qu'il faille en même temps, faire en sorte que le spectacle soit gracieux et poétique. Nous ne serons pas tous des "mimes Marceau" de la vie, mais il faut essayer.</blockquote>

dimanche 13 mars 2011

Mathématiques

Mesurer des siècles ou se fondre en un instant, oui;

mais vivre le peu d'années d'une vie humaine; il ne sait pas.

****

Se sentir moins que le rien d'un atome et plus grand que le tout de l'univers, oui;

mais parcourir les quelques rues de la ville, il ne sait pas.

****</blockquote>

Verticale

Les deux pôles de la vie ne sont ni la naissance ni la mort;

ceux là sont des événements horizontaux qui ne nous concernent pas.

Je parle de la vie verticale. et ses deux pôles sont l'amour et la sagesse.

L'amour dit je suis tout La sagesse dit je ne suis rien

et l'effort d'être est de relier les deux.</blockquote>

mercredi 9 mars 2011

Pages blanches

Toutes les pages du livre ont été déjà noircies

de milles poèmes de milles formules de milles histoires

Et pourtant...

Toutes les pages demeurent encore comme blanches

et chacun peut y ajouter quelque chose.

---

Sais tu seulement ce que tu veux écrire ?

Sais tu seulement si tes mots valent la peine?</blockquote>

mercredi 2 mars 2011

"La vie est sommeil, l'amour en est le rêve"

Voici pourquoi, mon âme, tu dois apprendre à partir:

Il est né. Il a vu sa santé se dégrader de jour en jour. Il est mort.

Il est né. Il se croyait immortel. Il est mort.

Il est né. Il a toujours fait ce qu'il fallait faire. Il est mort.

Il est né. Il a le plus souvent eu tort. Il est mort.

Il est né. Il n’a rien compris à ce qui se passait. Il est mort.

***

Il est né. Il a aimé. Il a vécu.

Voilà pourquoi, mon âme, tu dois apprendre à rester.</blockquote>

samedi 26 février 2011

Unité...

Je ramasse cette pierre qui me ressemble,

je la fracasse  sur le sol et je regarde ce que je suis:

mille morceaux, mille fragments.

Incertains, hésitants, cassées engloutis pas l'océan du réel multiple,

cet incompréhensible monde en qui je dois me fondre.

***

Les fous, les poètes et les amoureux s'inventent une unité, aussi soudée qu'irréelle.

Les meilleurs essayent tant bien que mal de coller les morceaux de ce qu'ils croient être.

Les médiocres se contentent de quelques petits fragments et balaient le reste.

***

L'unité, cet absolu idéal...

Inatteignable.

Ni par la religion, ni par l'amour ni par la démocratie, ni par la poésie, ni par rien!!

Peut être par la mort; mais personne ne sera là pour le voir.

***

Les vivants ne cessent de tenter de vivre;

et les morts sont ...morts.</blockquote>

Intérieur/extérieur

A l'intérieur, la vieillesse de l'âme, à l'extérieur, l'enfance du monde.

Où fuir?

Comment vivre en équilibre sur les trois millimètres de son épiderme?</blockquote>

Triche

Il ne sert à rien de dire ce que l'on pense être utile.

Il suffit de dire ce qu'on pense être vrai et de laisser le temps faire son oeuvre.

Et la vérité de chacun est son intime et propre souffrance.

Le reste est triche.</blockquote>

mercredi 23 février 2011

Rails

Certains hommes sont ainsi faits

que même dans le plus désolé des déserts, -- là où le sable a déjà enseveli les villes défuntes--

s'il leur arrive de trouver un chemin de fer abandonné; pour avancer, ils en suivront les rails.

Ils penseront: -- même pressentant que les rails ne mènent qu' à nulle part --

"Nous marcherons droit !"</blockquote>

Dans la pomme

Ma voix si maladroite force ma bouche et crie Au secours;

Mais ne reconnaît dans l'Echo qu'un rire cruel.

Elle s'en retourne vite au silence et se dit en elle-même:

"Quel havre de paix ce silence!

On dirait l'intérieur d'une "pomme" posée sur la table de la cuisine"

---

Je lui demande: " Pourquoi alors?"

et elle de me répondre:

"Pour trouver un murmure qui me réconcilierait avec la parole.

Dans le silence, gigote le ver de la folie.

Comme dans la pomme."</blockquote>

Près de l'arbre abattu

A la fôret sans heures, près de l'arbre abattu,

des oiseaux, jadis, avaient cherché leurs nids dans le vide vertical.

Beaucoup ensuite redescendront au sol et perdront l'usage de leurs ailes.

Quelques uns seulement, des rouges gorges matinaux,

continueront à chercher leurs nids dans le murmure de l'absence.</blockquote>

mardi 22 février 2011

Oasis

Je ne connais pas de désert autre que celui qui entoure ton oasis

ni de mirage, sur ma route,  qui ne ressemble pas à tes yeux.

--

Je ne mourrai pas de soif mais de ne pas te revoir

car ce n'est pas d'eau dont je manque mais de mains qui la porte à mes lèvres;

Et il ne me sauvera que boire dans les tiennes</blockquote>

Redescente

J'avais choisi l'altitude et j'ai cru ma bulle increvable.

Je me suis voulu un argument contre l'époque,

et l'esprit montait jusqu'à perdre de vue le monde.

...

Mais toutes les bulles, aussi solides qu'elles soient,

demeurent à la merci d'un infime découragement.

Et toutes, un jour ou l'autre, finissent par éclater...

Il aura suffi d'un regard pour que me prenne le vertige.

...

Dès le départ,  je savais que je redeviendrai un errant;

Me revoilà aujourd'hui, sur le chemin de ma chute vers le sol;

Le sol qui est l'ultime tombe.</blockquote>

lundi 21 février 2011

Mirage

Il ne s'agit point de trouver l'oasis mais de créer les conditions pour le mirage

et agrandir nos cœurs pour accueillir le rêve, cet espace où nous pouvons vivre.</blockquote>

dimanche 20 février 2011

Muse

Celui qui, hier, aurait mis ses oreilles sur ma poitrine

aurait entendu le son pur d'un violoncelle,

indicible musique...

Prélude à la source Hippocrène.

...

Des mains lointaines, celles d'une reine héliconienne,

tenaient l'archet et faisaient vibrer mon âme ancienne.

D'elle, j'ai gardé au réveil ce rameau de laurier, cet Amen.</blockquote>

samedi 19 février 2011

Il est permis d'espérer

Faire halte sur le chemin,

s'accouder un instant à table de la patience;

et lire dans les étoiles ce qui y est écrit:

"Il est permis d'espérer...".

***

Au fond,les étoiles ne parlent que d'étoiles,

comme le vent ne parle que de vent, comme la pluie ne parle que de pluie;

Si nous les entendons nous dire quelque chose

c'est que nous avons écouté en nous-même;

...

Ainsi, il a été donné à l'homme de pouvoir déchiffrer texte qui est écrit à l’intérieur de son cœur,

quand bien même, il lui paraît impossible que quelqu'un puisse le lire...

comme il paraît impossible aux étoiles que quelqu'un puisse les lire.

Et il y est écrit:

"Il est permis d'espérer"</blockquote>

consolation

Qu'est ce cela qui t'égratine aujourd'hui les yeux

hormis que ton regard s'est habitué à la beauté ?

Qu'est cela qui te fait saigner aujourd'hui le coeur

hormis que tu aimes la vie?

...

Qu'est ce cela qui consolera l'homme ?</blockquote>

vendredi 18 février 2011

Humeur noire

Je vous ai souri mais vous m'avez ignoré.

Je vous ai regardé mais vous avez détourné le regard.

J'ai marché vers vous mais vous vous êtes éloigné.

Je vous ai tendu la main mais ma main fut abandonnée.

Et toi, rose de ma jeunesse, je t'ai aimée...

...

Je ne peux plus aller à la solitude comme une hirondelle irait au ciel.

Sans la grâce d'être aimé la voix d'encre s'éteint...

même la tristesse s'éteint.

J'abandonne.</blockquote>

jeudi 17 février 2011

Foule

Tout était faux mais rien ne devint vrai...

Ce qui demeure est la connivence générale de faire semblant.

Le spectacle continue.

***

L'homme fatigué tourne le dos à la ville

et dans sa main il tient le peu de cœur qui lui reste.

Il s'en va chercher un abîme...

là où il peut cacher son vieux cœur loin de la famine dont se goinfre la foule.</blockquote>

mercredi 16 février 2011

"Lettera amorosa"

Frissons suaves de t'avoir à mes côtés.

L'intime de l'homme, au toucher de nos doigts, est ivre de t'attendre...

Toi, l'imprenable.

****

Je fais disposer en dessous de mon regard un lit de braises fraîches

pour l'empêcher de caresser abusivement les courbes de tes hanches;

et je tiens sur ma langue un charbon ardent

pour l'empêcher de gouter trop souvent à la douceur de ton prénom.

***

Otage de ta beauté matinale, le jour Je me ramasse  le soir, en fragments amoureux;

et je m'en vais la nuit, avec dans ma tête, les rémanences de mon désir...

Auguste désir que je prive du laurier triomphal

en le faisant, avant de m'endormir, brûler dans des poèmes.

****

Que demeure entre nous ce parfum et ce rire;

j'en ai besoin pour ensemencer les nuages de mon âme.</blockquote>

mardi 15 février 2011

Ne sois pas de bois

Ne sois pas de bois.

Ces arbres que tu vois se consumer n'apprennent qu'abattus, à éblouir.

Et le temps en nettoie les cendres.

...

Tu es vivant.

Aime, et et laisse luire en toi le buisson ardent de la passion.

Écris et ne tais pas la chanson millénaire qui te parcourt les veines.

Ton âme s'en souviendra.</blockquote>

Un souffle

Se rappeler ...

pour se garder ici-bas de toute violence:

--- Nous ne cessons de respirer l'air de nos frontières, et la plus grande de nos batailles n'a pas encore eu lieu... Comment faire quand il s'agira de tenir dans nos mains, l'infini?

...

---  Un souffle suffira.

Chagrin

Il est des soirs où du sable remplit le cœur;

lucides s'y égrènent les déceptions, épuisés s'y dispersent les rêves.

Il est des soirs

où le soleil de demain ne semble servir qu'à retourner un sablier.</blockquote>

lundi 14 février 2011

Le nectar de la nuit

Nuit définitive qui attend son heure ne se presse pas.

Elle viendra...

Elle laisse le jour parcourir l'espace qui est lui est dû.

Naissance première donc: voir le jour et partager avec vous le pain de ce jour.

...

Vivre

Naissance deuxième

ouvrir une brèche dans le corps de la nuit prochaine sortir la tête et voir pardessus;

et si possible ramener ici bas des aurores boréales.

...

Ne plus croire donc en vain;

mais partager avec vous dès maintenant le nectar de cette nuit:

un supplément d'âme.</blockquote>

Naufrage

Être poète me permet de ne pas être rien

face aux flots d'histoires qui s'en vont se déverser à la mer de l'Histoire.

Être poète me permet de sortir la tête et respirer au dessus du flot...

Respiration du noyé.

...

Ni sauveur ni sauvé,

juste un naufragé qui ne veux pas habiter la tombe marine de l'humanité

avant d'avoir épuisé son stock de rêves et de prières.</blockquote>

Passion

Nous nous aimions plus que de raison.

Nous comptions les étoiles au ciel moins nombreuses que nos baisers,

et l'écho de nos rires se faisait entendre longtemps après nous.

...

Nous nous aimions à en mourir;

serment des chairs aux âmes, bénédiction des âmes aux chairs.

...

Nous mourions après l'avoir consenti.

Nous vécûmes.</blockquote>

samedi 12 février 2011

Si tu savais poète

Ah! Si tu savais Poète!

Il est venu le jour où tous, en choeur, reprenant tes vers, ont crié victoire.

Et pourtant ... si tu vivais parmi eux aujourd'hui ils t'auraient laissé crever de faim.

Ils réclament la justice, ils  oublient la beauté.

---

Quand le peuple veut la vie Force est à quelques uns de la perdre et à d'autres d'en profiter.

Dans ce pays, excepté pour les morts, il m'est difficile de croire à la bonne foi des vainqueurs;

Ils réclament la justice, Ils oublient de s'y élever.</blockquote>

Attente

Je ne vis que pour aimer

et mon front lourd d'idées n'attend que l'épaule d'une femme pour se reposer.

Mais tant que je ne connais pas le nom de mon amour

Il ne me reste qu'à tremper ma plume dans l'encre de l'attente

et dessiner des poèmes sur le visage de la lune.

Il ne me reste que soutenir ma tête contre l'épaule de la nuit.</blockquote>

jeudi 10 février 2011

En la regardant

Me perdant dans ses yeux,

je me suis surpris à penser que je pourrais y passer l'éternité.

Et pourtant cet amour restera inaccessible.

Et comment peut-il en être autrement?

Quel véritable amour ne serait pas toute douleur?</blockquote>

Dernier témoin

le Temps engloutit chaque nouvelle parcelle du monde.

Et toute chose que vous percevez est ultime.

...

Vous-même, vous êtes ultime.

Considérez bien cela et tirez en les conséquences:

"Vous êtes, peut-être, le dernier des hommes. Le dernier témoin du miracle."</blockquote>

Dépouillement

Il sait que toute parole maintenant serait un mensonge;

--si ce n'est pas de mauvaise foi, alors c'est d'inexactitude---

...

A l'homme intérieur, seul le silence sied comme parole...

Un dépouillement méthodique jusqu'à la nudité originelle,

d'avant la honte de l'ignorance.

...

Et alors... son œil illumine ses ténèbres.</blockquote>

mercredi 9 février 2011

Le sourire du bouddha

A l'ermitage de l'irréelle demeure un homme seul s'est assis

et sur son visage, s'est dessiné le paisible sourire du bouddha

imperceptible sourire du silence sous le figuier éternel.</blockquote>

Seul

Hier, je fus immanquablement seul et aujourd'hui encore, je demeure seul.
Lyre exilée chantant à elle même son triomphe solitaire.
Le vent, la traversant, répète à tout ce qu'il fait vivre: "Je t'aime" .

Tant d'années...

Tant d'années à chercher le corps où mourra mon désir.

Tant d'années à chercher le cœur où vivra mon souvenir. ... Tant d'années à jamais perdues:

Que des portes fermées et des clés inutiles.</blockquote>

Aller suffit

Bondir vers le ciel est l'oeuvre d'une vie

Et l'élan n'est jamais démenti pour celui qui s'allège de lui-même.

Divine liberté de celui à qui aller suffit.</blockquote>