samedi 25 juin 2011

Fulgurances

Les mots sont les fruits d'un arbre de la nuit.

Quand ainsi t'enveloppe le silence de la solitude, les mots te sauveront. L'écriture dira ta détresse et la musique t'aidera à chasser les démons de l'abandon.

Aide toi donc de musique et habite pleinement l'éclair qui de temps en temps te traverse. Il ouvre en toi la brèche d'un espace infini. Tiens-toi, autant que tu peux, debout dans ce lieu inconnu. Désaltère ta soif à la source et écris ton poème.

Dis, sais-tu ce que cherches?

Je te le dis: Tu cherches Une confirmation continue de la réalité de ton existence. Puisque tu ne trouves, en toi-même, rien qui le confirme à priori.

Ne te plains pas de tes blessures, même quand tu ne les mérite pas. Ton cœur mille fois fracturé... est la preuve vivante qu'il est dur comme la pierre. L'une et l'autre te sont nécessaires: ta force et ta faiblesse. La vie est leur équilibre qui se construit.

Ne t'agites plus vainement. Le temps est une araignée qui tisse sa toile à la perfection. tu n'y échappes pas, mais tu as le loisir de ne pas pourrir si tu persévère à aimer.

Ton corps est toujours nu. Les vêtements le cachent à autrui, jamais à lui même. L'âme aussi est toujours nue, mais c'est ton esprit menteur qui la cache à elle-même.

Il te faut, pourtant, toujours porter en toi la nostalgie du pays perdu. Refuser les compromissions et ne pas oublier. Ce pays perdu n'est autre que l'âme éternelle qui sommeille en toi. Il n'y en a pas d'autre.

Souris car ton sourire est beau. Le sourire le plus beau est celui des gens tristes. Il recèle souvent une sorte de dignité, d'élévation, de douceur, de mystère... La confirmation secrète que l'on peut vaincre le néant.

Ne fuis pas. Ne dors jamais avant que tu n'aies cueilli les fruits de ta nuit.

Voilà,... maintenant, tu peux dormir.</blockquote>

Possession

L'âme est vaste, mais tu ne peux pourtant rien mettre dedans.

Le vide ne se remplit pas.

Tout ce que tu possèdes, ne serait-ce que l'idée de posséder, est de trop.

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Reposes tes mains de tenir ce qui, absurdement, les fatigue

Laisse les caresser le visage de l'univers.</blockquote>

jeudi 23 juin 2011

Roi

Il était roi de lui-même mais se tenait seul...

Échec...

Personne ne peut imaginer sa détresse, quand il n'avait plus où aller sur les carreaux de l'échiquier.

A l'avant, la lucidité élèvait le mur de la réalité, A l'arrière, l'amour lui niait tout retour au néant.

Et Mat.

Sa vie a commencé quand il a abdiqué.</blockquote>

mercredi 22 juin 2011

Ordinaire

C'est un homme ordinaire...

qui n'a jamais cru aux grandes foutaises qu'inventent les hommes: La religion, la politique, le progrès...

Mais qui a toujours cru en ce que disait le bruissement des feuilles quand soufflait le vent,

ce que disait la solitude des étoiles quand tombait la nuit et ce que chantaient les oiseaux à l'aurore le lendemain.

C'est un homme ordinaire qui s'en va. Ses blessures ne sont pas héroïques, mais elles on été quotidiennes

Il a résisté autant qu'il a pu...

Il connait déjà son épitaphe: Un de moins.</blockquote>

samedi 18 juin 2011

Les habitants du ciel

Nous n'habitons pas la Terre. Nous habitons le ciel. Littéralement.

Mais un mauvais jeu de langage nous empêche de le saisir. Nous nous disons Habitants de la Terre, alors qu'elle n'existe réellement que sous nous pieds.

Il n'y a pas de ciel ou l'on monte. Nous y sommes déjà. Seul, à l'instant de l'ensevelissement, nous revenons à la Terre. Et là commence la vie souterraine de l'âme, cette âme qui ne parvient pas à se détacher de son contenant et de se prendre pour sa forme.  Certains ont appelé cela l'enfer.

Le paradis serait que la conscience demeure définitivement là où elle est maintenant. Pour cela, il faudra qu'elle accepte de cesser d'appartenir à quelqu'un. Qu'elle habite, dès maintenant, et littéralement, dans l'espace infini qui s'offre à ses yeux.</blockquote>

vendredi 17 juin 2011

Quelques mots...

J'aimerai inventer des mots pour toi!

Une langue que je ne parlerais que pour toi,

et que toi seule comprendrais.

Mais elle n'existe dans nul dictionnaire; nulle part ailleurs que dans mon cœur.

***

Écoute ! C'est mon cœur qui bat!

Entre un battement et un autre, il y a un silence qui désire te dire...ce qui ne peut être dit.

Je me résigne donc à ces quelques mots...

qui ne sont que la grossière caricature des mots que je ne connais pas.

***

Mes bras ouverts rappellent au vent qu'il doit tenir sa promesse de te ramener au rivage.

Mes lèvres sèches rappellent à la pluie qu'elle doit tenir sa promesse de désaltérer ta soif.

Mes yeux clos rappellent au soleil qu'il doit tenir sa promesse de te couvrir de lumière.

Mon sang qui coule rappelle au temps qu'il doit tenir sa promesse de t'oublier.

***

Ma vie respire l'air de ton sourire heureux.

mercredi 15 juin 2011

Tête lourde

Ta tête lourde trône sur tes épaules. Et ne te courbe le dos que son énorme poids.

De quoi l'as tu alourdi, innocent?

Rien n'est digne d'être retenu; excepté la lumière d'un soleil absent...

et sa lumière ne pèse pas.</blockquote>

Imprégnation

Imprègne toi définitivement, jusqu'à la moelle de tes os, de l'inaltérable conviction que tout passe.

Jusqu'à ce que passer devienne ta nature-même. Jusqu'à ce que tu deviennes le chemin par lequel tu passes.</blockquote>

Hauteur

Il faut avoir le regard haut ...

Comme si l'on regardait du haut de la montagne; Comme si l'on avait une montagne dans le regard.

Qu'il n'atteigne nos yeux, que cela qui y monte.</blockquote>

lundi 13 juin 2011

Bavardage

Je ne crois en rien, je ne vaux pas grand chose, et pourtant tous les matins, je me lève. J'ai le destin d'un être humain sur Terre. Et quand je me lève, la première chose que je remarque, est que les oiseaux chantent; alors que les humains ne chantent pas; ils bavardent. Aujourd'hui au travail, j'ai écrit ceci: "Le processus en question ne répond pas à nos exigences. Ni en termes d'efficacité opérationnelle, ni en termes de gains commerciaux". C'est bien ce genre de phrases qui me rapporte mon pain quotidien. Puis j'ai écrit ceci à la pause déjeuner, en sirotant un thé : "Dans leur sommeil, les scies rêvent de bois; mais les scies sont de métal. Dans leur sommeil, les hommes rêvent d'air; mais les hommes sont d'argile. Une argile peut-être tombée du ciel (sinon, d'où vient la nostalgie?), mais qui, au fil du temps, est devenu diamant à couper le silence." Ce genre de phrases ne me rapporte rien.

Les hommes bavardent. Ils bavardent tellement qu'à premier abord, c'est à donner raison à Céline qui affirmait que: " le monde n'est, la plupart du temps, qu'une immense entreprise à se foutre du monde".

Ceci dit, en approfondissant un peu les choses, je trouve tout à fait normal que ce sont bien les phrases du premier type me rapportent mon salaire;  puisque les phrases du deuxième type me rapportent ce que je crois être des aperçus de la vérité.

Et comme nous le savons tous, la vérité n'a pas de prix.</blockquote>

samedi 11 juin 2011

La nature des choses

Aux pierres, la gravité

Aux aigles, la hauteur Aux abeilles, le miel Aux rossignols, le chant Aux roses, le parfum

Aux fous, la liberté Aux raisonnables, la parole

Pour moi, de l'air!</blockquote>

Justice

Aujourd'hui à Tunis

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Il est midi. Le soleil à la verticale tape fort. L'air est sec.

Au feu rouge, s'arrête une luxueuse berline allemande, avec une femme d'une trentaine d'année au volant et son enfant solidement attachée à son siège-bébé, à l'arrière. S'approche de la voiture , une femme, pauvre, mal vêtue, une mendiante, du même âge que celle qui conduit, et solidement attaché à son cou son enfant, du même âge que le bébé à l'arrière...Elle demande quelques pièces.

Dans le regard de la première, il y a de la pitié et du dégoût, dans celui de la deuxième, il y a de l'envie et de l'amertume. Les deux semblent se poser la question de la justice dans ce monde. Leurs réponses, certes, diffèreront.

Les deux enfants semblent fatigués, ils somnolent. Ils sourient pourtant. Pour eux, le monde est encore un rêve. Il y a peut-être une heure de faim ou de soif qui les séparent, mais malgré tout, ils se ressemblent encore.

Entre ceux qui en ont trop et ceux qui n'en ont pas assez, la justice n'a pas encore sorti son glaive de son fourreau.

vendredi 10 juin 2011

Q/R

A ceux qui me diraient qu'il y a eu révolution dans le pays;

je dirai que je suis un homme libre.

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A ceux qui me diraient qu'il y va y avoir des élections dans le pays;

je dirai que j'ai déjà élu.

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A ceux qui me demanderaient ce que je veux dire ;

Je répondrai: de la poésie, seulement.

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A ceux qui me demanderaient ou est ce que je vis,

je répondrai: dans le coeur de celle qui m'aime...</blockquote>

Bruits

Non seulement éviter les bruits du dehors

mais également faire taire le bruit en soi...

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Plutôt se taire, donc;

et apprendre à se contenter du vide :

cette glaise dont a été fait l'être, avant qu'il n'y soit planté des mots.</blockquote>

dimanche 5 juin 2011

rêve lunaire

Je mets les pieds sur les utopies que je jette devant moi pour tenter de marcher sur l'eau

Je me noie, certes; mais c'est dans le reflet d'une pleine lune sur le lac.

Mon éternité sera un rêve lunaire.</blockquote>

La paix

La paix ne se dit pas, ne se raconte pas...

Mais si je devais la décrire, je dirais que sa propriété essentielle, est qu'elle est infiniment élastique.

Elle peut s'étirer au delà de ce nous connaissons. Elle peut contenir ce qui nous semble au départ incontenable.

Ainsi l'esprit qui un jour a découvert sa capacité à accueillir peut à jamais tout accueillir. Il n'a qu'à s'ouvrir d'avantage.

Elle peut revêtir divers habits: Parmi ses plus belles robes, il y a la compassion, le pardon, la patience, la bonté, la joie...

Mais sa plus belle robe est une robe de lumière;

une nudité de l'âme, qu'ici bas nous nommons Amour.</blockquote>

jeudi 2 juin 2011

Ouverture

Élargir son cœur jusqu'à ce qu'il contienne le monde.

pour sentir s'accomplir en soi le destin d'un homme...

un homme tel que un Dieu l'aurait voulu .</blockquote>