mercredi 30 mars 2011

Chute

Non, je n'écris pas parce que j'ai la tête dans les nuages;

mais bien parce que le sol sans cesse, se dérobe sous mes pieds;

... ainsi mon inexorable chute fait croire que je vole.

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Ce n'est que lentement, néanmoins, que je tombe, très lentement ...

car il faut aussi croire que ce qu'écrit un homme ne pèse pas plus lourd qu'une feuille morte</blockquote>

mardi 29 mars 2011

Choix

Si tant est qu'en cette vie tu peux choisir; alors choisis d'être là où erre ta vérité.

absence momentanée

Il y a ce vide qui sans crier gare s'intercale entre deux morceaux de réalité

et que pris de court, on ne peut s'empêcher de parcourir pendant quelques instants;

le regard, figé, tourné vers un "on ne sait où"

vers un "ailleurs", situé derrière l'horizon ;

même quand l'horizon n'est que la ligne du mouvement d'une fourmi sur le sol...

...

avant qu'on ne se ressaisisse, et qu'on se raccroche au premier prétexte par lequel on puisse revenir au monde

...

Dis Edward*; Où allons nous donc quand nous nous absentons ?

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* voir "Excursion into philosophy" d'Edward Hopper (et ses autres tableaux)</blockquote>

lundi 28 mars 2011

Le baiser

Miracle qui naît au dessus l'abîme,

quand, dans tes yeux qui se ferment, resplendit la lueur de notre étoile commune.

Tremblant désir, quand nos lèvres avides élisent demeure au midi de nos cœurs battants.

...

Et nos langues, consentant à la rencontre, se taisent

pour mieux dire le crépitement du feu qui nous brûle les entrailles.</blockquote>

Obélisque

Homme!

Obélisque inachevé

gisant dans le néant depuis l'éternité;

Aurons nous donc le temps de finir l'ouvrage

et de te relever?</blockquote>

vendredi 25 mars 2011

Dépoussiérage

Le soir venu, prends la peine de jeter un regard tendre derrière toi.

Regarde le nuage de poussière qui s'élève chaque jour dans ton sillage; et médite au mot adéquat qui décrit ton agitation sans but.

Le mot est  toujours le même; pour tous: Vain.

Si tu n'y parviens pas; alors, avant que tu ne vois sur le cadran de l'horloge, ta vie en déséquilibre basculer irréversiblement vers demain,

efface tout et contente toi d'un haussement d'épaules;

ou mieux encore,  d'un sourire bienveillant, mais celui-là, combien faut-il purifier son cœur pour le mériter...</blockquote>

Ballon de baudruche

L'ultime fond sonore que je parviens à déceler en essayant d'écouter à l'intérieur de ma tête est un rire, un fou rire.

Celui qui rit est un clown, un sauvage, un clochard...un bouffon qui se fout éperdument de tous les mots galvaudés que j'utilise ça et là.

Il sommeille dans un coin de ma tête, y fait les poubelles et m'empêche de son rire, de me complaire dans l'impudence de mon sentimentalisme pathétique.

Il rit de ma fatuité, celle qui me fait croire que je suis aérien alors que je ne suis qu'un ballon de baudruche épris de nuages.</blockquote>

Aveu

Ce poème que je n'écris pas...

qui me le dicteras, sinon cet échec à vivre hors de mon royaume?

et pourtant ...

il me faut l'écrire pour reconquérir ma figure humaine; pour camoufler cette cicatrice dans mon regard.</blockquote>

mercredi 16 mars 2011

Travail de nuit

Chaque soir

au fin fond de sa tête aller chercher un éclat de lumière

pour adoucir l'amertume de l'ombre qui s'abat sur la ville.

***

à l'extrême limite de son cœur un mouchoir blanc

pour effacer la constellation de misères qui affecte les hommes.

***

au plus profond de ses yeux la couleur d'un sourire

pour épargner aux astres l'indifférence du regard fatigué

***

Mais surtout...

en son plus lointain intérieur une compagnie

pour se rassurer de la frayeur de la solitude... et une fois de plus, dire oui à la nuit.</blockquote>

Le mime

Le mime n'avance plus. Il fait face à un mur, invisible certes, mais qui nous paraît aussi réel qu'une muraille de pierres.

Nous nous posons la question: Mais n'est-il pas irréel, ce mur ?

Pour nous, spectateurs, oui; le mur est irréel, nous ne le voyons pas. Et pourtant, nous croyons volontiers que le mime est devant un obstacle; et c'est là précisément tout le sens de sa performance.

Pour le mime par contre, non. Pendant son spectacle, le mur est aussi réel que lui-même. Et pourtant, lui, sait parfaitement que c'est une illusion. Mais il ne s'avise pas de la briser sous peine de rater sa prestation.

...

Il est de même pour nous. Nous sommes chacun mime de sa propre vie, et comme le mime qui sculpte un mur dans l'espace, nous sculptons une existence dans le néant.

La différence est que le mime sur la planche du théâtre sait qu'il est le créateur de l'illusion. Nous par contre, nous ne sommes pas conscients de notre condition de mime. Nous nous cognons aux parois des existences que nous nous sommes créées comme si elles étaient réelles. D'ailleurs, nous appelons fous, ceux d'entre nous qui traversent les leurs.

Tout l'art de vivre est de savoir que le mur invisible de l'existence est autant illusoire que nécessaire à la création du spectacle; et  qu'il faille en même temps, faire en sorte que le spectacle soit gracieux et poétique. Nous ne serons pas tous des "mimes Marceau" de la vie, mais il faut essayer.</blockquote>

dimanche 13 mars 2011

Mathématiques

Mesurer des siècles ou se fondre en un instant, oui;

mais vivre le peu d'années d'une vie humaine; il ne sait pas.

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Se sentir moins que le rien d'un atome et plus grand que le tout de l'univers, oui;

mais parcourir les quelques rues de la ville, il ne sait pas.

****</blockquote>

Verticale

Les deux pôles de la vie ne sont ni la naissance ni la mort;

ceux là sont des événements horizontaux qui ne nous concernent pas.

Je parle de la vie verticale. et ses deux pôles sont l'amour et la sagesse.

L'amour dit je suis tout La sagesse dit je ne suis rien

et l'effort d'être est de relier les deux.</blockquote>

mercredi 9 mars 2011

Pages blanches

Toutes les pages du livre ont été déjà noircies

de milles poèmes de milles formules de milles histoires

Et pourtant...

Toutes les pages demeurent encore comme blanches

et chacun peut y ajouter quelque chose.

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Sais tu seulement ce que tu veux écrire ?

Sais tu seulement si tes mots valent la peine?</blockquote>

mercredi 2 mars 2011

"La vie est sommeil, l'amour en est le rêve"

Voici pourquoi, mon âme, tu dois apprendre à partir:

Il est né. Il a vu sa santé se dégrader de jour en jour. Il est mort.

Il est né. Il se croyait immortel. Il est mort.

Il est né. Il a toujours fait ce qu'il fallait faire. Il est mort.

Il est né. Il a le plus souvent eu tort. Il est mort.

Il est né. Il n’a rien compris à ce qui se passait. Il est mort.

***

Il est né. Il a aimé. Il a vécu.

Voilà pourquoi, mon âme, tu dois apprendre à rester.</blockquote>