dimanche 31 octobre 2010

Souci de sincérité

Garde ton témoignage pour toi. Les jurés ne t'écoutent pas.

Ta sincérité n'y change rien. Ils ne parlent pas ta langue.

Ne prends pas au sérieux ta vocation. Ils te condamneront.</blockquote>

La lecture du solitaire

une lampe allumée en bas d'un ciel bleu éclaire le jour du solitaire,

et un livre poussiéreux tombé de la besace du marchand de sable, ouvert entre ses mains;

ses yeux sont l'interminable lecture d'un rêve irrésolu

quand bien même il ne sait ni qui l'a écrit ni en quelle langue.</blockquote>

mercredi 27 octobre 2010

Eolienne

croisez votre vie quand vous ouvrez la fenêtre

et respirez la profondément

comme l'éolienne croise le vent comme l'éolienne respire le vent.

Elle danse et tourne heureuse quand passe le vent

dansez et marchez heureux quand passe la vie</blockquote>

Principe de réalité

Un petit homme englué dans ma tête

chasse les papillons avec des balles en caoutchouc

et rate le plus souvent ses cibles.

Les papillons ne meurent pas mais les balles perdues viennent toujours

taper l'intérieur de ma boite crânienne exactement derrière mes yeux.

La sensation qui s'en suit s'appelle lucidité.</blockquote>

Un acte de civilisation

Je n'ai  jamais compris pourquoi des hommes aux yeux aveugles et aux mains paralysés s'obstinaient encore aujourd'hui, à écrire des lettres d'amour. Je leur demande: "mais pourquoi  vous donnez-vous tant de peine?" L'un d'eux me répond: "Ceci un acte de civilisation. Sache que le monde ne meurt que lorsqu'on s'arrête de célébrer la beauté. Et il nous faut nous presser. N'entends-tu pas déjà derrière le charivari de l'époque, le silence d'un néant qui travaille?

lundi 25 octobre 2010

L'étincelle et la mer

Dans le pays du feu, l'on craignait beaucoup l'eau,et les jours de pluie étaient des jours de panique et de calamités. - Toutes les flammes  d'ailleurs, connaissent au moins un proche emporté par la pluie- ---

Une jeune étincelle entendit un jour,  parler d'une très ancienne légende du pays du feu, qui racontait que la pluie venait d'un endroit lointain et fait totalement d'eau, appelé "la mer".

L' étincelle décida, après une longue nuit de réflexion et avec toute l'ardeur du feu, de partir à la recherche de cette mer et d'en découdre une bonne fois pour toutes avec elle.

"Sois raisonnable, tu ne l'atteindras jamais", lui objectèrent les flammes. "Pas un feu n'est revenu de ce voyage".

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Un long voyage et des années après, l'étincelle devenue flamme atteignit la mer au moment même où le soleil se couchait.

Elle s'assit sur la plage, et regarda subjuguée l'étendue immense de l'eau bleue; et au loin, le soleil qui y plongeait.

Une larme de bonheur lui coula sur la joue.

"Pauvre feux,  qui mangeaient du bois et mouraient dans le désert en attendant que le vent disperse à jamais vos cendres. L'eau est en nous et il n'y a  rien à craindre; c'est par elle qu'on atteint le soleil."

Que dire?

Chacun naît pour dire quelque chose

mais la parole juste ne vient jamais...

-ou très rarement-

Dieu nous  confia la parole mais avait omis de nous dire quoi en faire...

alors nous bavardons

-- nous gaspillons--

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Que dire alors ?

Un poème? une prière? balbutier un timide je t'aime?

ou mieux se taire pour ne parler que comme chantent les oiseaux ?</blockquote>

dimanche 24 octobre 2010

Qui est-ce?

Écoute ce qui en toi respire sans ton aide.

Écoute ce qui en toi demeure sans lieu.

Écoute ce qui en toi s'en va sans chemin.

Écoute et dis moi Qui est ce?</blockquote>

La marche du sel

Pour libérer son peuple Ghandi marcha longtemps vers une plage de l'océan indien s'avança dans l'eau et recueillit dans sa main une petite poignée de sel

c'était une poignée de sel dérisoire mais elle a suffi à libérer un pays du joug d'un empire

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Pour me libérer, je deviens Ghandi et je me fais mahatma et j'entame, chaque soir, ma propre "marche" vers les étoiles réclamant le sel qui m'appartient, ce sel qui reste lorsque s'évapore le jour, et que je recueille du bout de mes doigts dans les quelques lignes d'un poème.

quelques vers dérisoires qui ne changent pas la vie et encore moins le monde, mais qui m'aident à me tenir debout face au temps qui s'en va.

quelques mots pauvres et coincés dans les limites de ma cellule, mais c'est mon poing levé face au temps qui ne revient pas.

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Je sais que libérer définitivement le peuple qui m'habite, est une tentative désespérée; mais je n'abandonne pas pour autant; l'empire du jour revient demain; et demain soir, la marche recommence.</blockquote>

jeudi 21 octobre 2010

Jeunesse...

Le jardin de ta jeunesse resplendit tout autour de toi

et tu te tiens immobile en son centre tel une statue de fontaine

regardant, dépité, le glissement des précieuses saisons

et ne te consoles point

la pureté de l'eau avec laquelle tu remplis ton bassin

ni l'éclat du marbre dans lequel tu sculptes ton corps

mardi 19 octobre 2010

Flèche

Une flèche qui traverse le ciel ne se demande pas qui l'a tirée, ni pourquoi il l'a tirée, ni s'il existe une cible ou pas, ni si elle veut l'atteindre ou pas, ni si elle va l'atteindre ou pas. Et ni l'archer, ni l'air, ni la cible ne peuvent lui dire quoi que ce soit. Il n'y a donc pour elle, rien d'autre à faire à part...continuer à voler.

Et il en va de même pour l'homme!

La première de ses libertés, c’est d’abord la liberté d’accepter la flèche qu'il est, une flèche traversant le ciel sans laisser aucune trace… Il lui faut commencer là où il est, de façon entière, sans réserve et sans regret, et accepter le "silence",  le "dénuement" et "l'inaction"; comme la flèche accepte le silence de l'archer, comme la flèche accepte qu'elle ne possède pas son mouvement, et comme la flèche accepte son impuissance à modifier sa trajectoire.

Tout esprit qui se retourne , qui s'arrête,  qui se convainc de l'existence d'un but ou de son inexistence, ou qui se convainc qu'il va l'atteindre ou au contraire le rater, ou encore pire, qui pense s'imposer une discipline qui lui fera atteindre ce but; est une comme une flèche qui se condamne à suspendre son vol et à coup sûr rater sa cible!</blockquote>

dimanche 17 octobre 2010

Déphasage

Le soleil se lève les hommes accumulent,

le jour disparait les hommes calculent,

la nuit se tait les hommes hululent.

...

le temps avance les hommes reculent.

Et un poète marche en funambule...

sur un chemin de liberté.</blockquote>

vendredi 15 octobre 2010

Dernières volontés

J'aimerai, quand viendra le moment, que je sois enterré non dans un cercueil mais directement à terre

et que soit planté au dessus de moi la graine d'un arbre qui puisse se nourrir de mon corps décomposé.

J'aimerai après ma mort offrir à un passant des fruits et un peu d'ombre</blockquote>

jeudi 14 octobre 2010

Je ne suis pas Prométhée

Tu me demandes de te délivrer du poids des jours et de réchauffer la tiédeur de ton quotidien.

Tu me demandes de te faire voyager au delà de la terre et de te donner un aperçu de l'éternité.

Mais tu oublies que ma terre est ta terre, que mon ciel est ton ciel et que mon siècle est ton siècle

Tu me demandes le feu... mais tu oublies que Prométhée est un mythe.</blockquote>

lundi 11 octobre 2010

Solitude

Ou te hisses tu tout seul ?

ton espace s'est déjà vidé de sa chair et il n'y a plus rien à dévorer

Il ne reste de toi qu'une peau qui frémit au toucher d'une caresse

et un cœur qui tressaille à une bise de tendresse</blockquote>

Prenez tout, il ne me manquera rien

Prenez tout il ne me manquera rien

prenez mes anciens jours et tout ce qu'ils contiennent, ils ne me servent plus à rien

Revenez demain et je vous en donnerai encore plus

tout cela...je l'ai connu et je n'en veux plus

---

Mon cœur a déjà sillonné tout l'espace de l'absurde, et plus rien ne le surprend ni au bout de la rue d'ici ni au bout d'un exotique voyage ailleurs.

Que lui reste t-il à connaître alors qu'il a entendu le silence?</blockquote>

samedi 9 octobre 2010

unité de mesure...

Dieu! Toi dont la solitude est infinie,

Toi qui ne parles à personne et que personne ne voit;

Dis moi à quoi mesures-tu ta solitude... là-haut?

J'aurai besoin de le savoir... pour mesurer ici bas la mienne.</blockquote>

mercredi 6 octobre 2010

Ponts...

Des ponts de bavardage sur des piliers d'ennui

se jettent entre les minutes de mes heures terrestres

Le jour prend tout et la nuit prend le reste.

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Sous chaque pont je sais que coule la rivière

mais je suis bien obligé de traverser ...

Mes ponts me devancent puisque  je les construis moi-même

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Ne me console en marchant que  de rares  heures célestes

que je peux seulement entrevoir quand je m'arrête un instant sur un de ces ponts,

et entends le poisson bleu, éternel reflet de la lune sur l'eau,

rire d'un homme en gris se tuant à construire des ponts

encore, encore et encore...

puis me remémore sa question: "Ou vas-tu?" et reprends ma marche vers le port.

mardi 5 octobre 2010

A la recherche

Je ne crois en rien de ce que je peux concevoir en pensée.

Je m'accroche à mon propre déséquilibre et défie, moqueur, l'apesanteur de mes idéaux,

ces mythes que je crée moi-même...pour moi-même; mais dont je reconnais la fausseté dès qu'ils m'invitent à m'asseoir.

Je me maintiens en l'air parceque je tombe sans cesse.

Je ne cherche plus avec raison, je trouve avec mon cœur</blockquote>

Infidélité

La sensation du devoir accompli est une sensation pernicieuse qui se glisse entre votre peau et vos os, comme une séduisante belle femme viendrait se glisser entre vous et votre pyjama ..., et qui chaque soir, viendra vous demander de coucher avec elle!

Ah! Le beau dilemme!

Dites vous-bien  cependant que chaque fois que vous lui cèderez; vous vous ferez cocu; vous tromperez votre âme...avec vous-même! Demain, votre belle maîtresse vous quittera et vous laissera seul, grelottant de froid sous vos draps.

je ne vous conseillerai pas toutefois la fidélité absolue à votre âme ardente! Cédez de temps en temps aux avances de la douce sensation du devoir accompli.

Tant qu'à faire, vaut mieux vous tromper avec vous-mêmes, car vous finirez sinon, tôt ou tard, par vous tromper avec le monde.

dimanche 3 octobre 2010

Tsimtsum

Oublier sa naissance

Oublier son école Oublier son village Oublier son pays Oublier sa religion

Oublier ce que l'on connaît

Devenir homme. Oublier -pléonasme-

...

D'abord se rétracter D'abord créer l'espace D'abord être libre

Ensuite lutter pour sa liberté

&nbsp;</blockquote>

vendredi 1 octobre 2010

La complainte d'Atlas

Il porte ce monde, depuis tant de siècles; sans que son dos ne rompe ou que ses genoux flanchent;
et ni les montagnes, ni les océans, ni les arbres, ni les bêtes, ne l'ont un jour excédé.
--
Mais depuis que nous, humains, nous lui marchons sur la tête, avec nos mains si lourdes;

jamais son fardeau ne lui a paru aussi pénible qu'il ne l'est aujourd'hui

--

Ayez pitié du pauvre Atlas... Il tremble.</blockquote>