vendredi 31 décembre 2010

Chemin

Le mystère est entier! Personne n'a jamais su trouver

le sentier du nom d'un homme dans le cœur d'une femme</blockquote>

vendredi 24 décembre 2010

Memento mori

Hier, j'ai cru entendre le rire du temps.

Hier, j'ai cru me l'entendre dire :

Regarde bien tes poings serrés et dis moi mon enfant: Qu'est ce cela que tu penses y tenir si fermement? Y tiendrais-tu les étoiles qui manqueraient au ciel?

Ne vois tu pas que tes mains sont aussi vides que le jour où tu es né et que ton souffle n'est qu'une brume éphémère, un soupir qui blanchit à mon contact, une buée sur la fenêtre de l'inconnu ?

Le peu que tu sais n'est que de la poussière et la poussière ne sert qu'à salir la fenêtre par laquelle l'homme entrevoit la vie.

Que ton silence demeure pour que les vitres restent propres quand s'effacera la buée.

Respire seulement et accorde ton souffle au mien

Respire seulement, juste assez pour chauffer les mains de ton cœur; ton vieux cœur qui rentre chez lui par le sentier du vide.

...

Hier, j'ai cru entendre le temps me dire: L'homme est seul et finit par mourir.

jeudi 23 décembre 2010

Les fleurs

Imaginez que les fleurs ne s'ouvraient que parce qu'elles avaient leurs propres idées de la beauté des couleurs et de la grâce des parfums.

Les tulipes jugeront que les lilas se trompent, les violettes estimeront que les roses ont failli, et les orchidées seront toujours menacés par les azalées.

Il s'en suivrait sans doute une désastreuse guerre florale !

A la fin, Les fleurs s'entretueraient; et il ne resterait aux abeilles que l'herbe; elles qui savent qu'on ne fait le meilleur miel qu'en butinant le nectar de mille et une diverses fleurs.

...

Heureusement que ce n'est qu'une vue de l'esprit...

Les fleurs n'ont aucune idée de la beauté. Elles sont fleurs sans plus; et c'est pour cela qu'elles sont belles.

Il en va de même pour la vérité des hommes: ne la détiennent, en réalité, que ceux qui la vivent, mais qui n'en savent rien.</blockquote>

mercredi 22 décembre 2010

Demain à l'aube

Dormir et  promettre à ses yeux : Demain à l'aube, je vous montre un lever de soleil. -- Le regard ne se lave qu'à la lumière banale du jour--

Dormir et promettre à ses oreilles: Demain à l'aube, je vous fais écouter le chant d'un merle.

-- L'ouïe ne se lave qu'au chant insignifiant d'un oiseau--

Demain à l'aube. En buvant mon café, devant la fenêtre.</blockquote>

mardi 21 décembre 2010

Rouge-gorge

Écrire c'est, à travers les mots, mimer l'authentique chant d'un Rouge-gorge s'invitant aux parcs déserts pour égayer la solitude de quelques amis...

ou la sienne propre.</blockquote>

lundi 20 décembre 2010

à la dérive

Ne rame plus, marin! Ta barque est irrémédiablement à la dérive; et ramer n'y change rien.

Laisse le vent décider de ton odyssée; et ne t'inquiète plus pour ta destination, la mer, in fine, te ramènera à l'île de la royauté.

Toi maintenant, lève tes yeux et regarde l'horizon qui, même si tu ne l'atteins jamais, seul, peut te donner l'occasion d'admirer le sublime flamboiement du crépuscule.</blockquote>

dimanche 19 décembre 2010

"Tunisie de la grâce" de Jean-El-Mouhoub-Amrouche

« …Et la Grâce plus belle encore que la beauté » Terre de lumière terre de l’homme en son jour je te célèbre je te révèle je te sacre en t’imposant comme une couronne mystique ce nom Terre de la Grâce.

Je ne chanterai pas l’arabesque la couleur ni le monument d’or ancien mais une forme de vie simple à ras de plaine et de mer sous le soleil mais le geste et la parole ordinaires vifs et affleurant des plus vieux âges mais la gloire sublime et pauvre de l’homme en la stature naïve et souveraine qu’il reçoit de toi Terre de l’homme en son jour.

Soit ma parole sans apprêt vêtue de jour et d’ombre purs pour la prière et le salut. et soient éteints les plus grands feux afin que brûle seul sous la cendre des siècles l’amour secret humble nu

En une île de palmes et d’eaux vives un homme aveugle et retranché psalmodiait la plainte humaine je les ai connus ils m’ont connu ils m’ont reconnus à cause du visage de Dieu Ainsi chante à bout de misère l’Espérance qui ne fonde pas l’homme sur l’homme.

Le visage nul ne le voit mais sa lumière forme ce monde comme un poème le plus beau O Présence présence de l’Unique dans le Rien.

A d’autres terres des hommes Lucifer et l’Esprit violent Prométhée avec le fer et le feu dans son poignet A d’autres terres l’immensité continentale le limon et la forêt franche plus profonds que l’océan et les rivières embourgeoisées avec les fleuves impériaux.

A toi la mesure du cœur le rire expirant en sourire perdu et la distance intérieure où l’esprit se retrempe en sa source d’enfance. Ta gloire passe toute gloire et ta grandeur toute grandeur temporelle car tu as charge de l’homme.

Jeune femme en trône sur la mer sise à la croix des cours éternels Amphore de glaise vulgaire mais par Dieu même pétrie d’huile essentielle et de soleil tournée au galbe canonique dont toute forme belle est l’écho le premier Souffle en toi continu vibre encore des promesses de la Genèse.

Tu es chaste en ta perfection dure à défendre ton secret mais suave en tes paroles et débonnaire naïves en tes ruses et fraîche comme la chute du soir au désert ouverte à tous les vents comme la rose et comme une maison sans maître.

Qui passe ton seuil reçoit des anges épars la science informulée des hautes Convenances. Qui t’as vu une fois t’embrasse pour toujours dans son regard et te contient toute entière dans son cœur comme l’épouse de son destin Que d’autres pour ton louage hissent en triomphe le grand pavois des vocables de cérémonie. Mais plus belle liturgie veut être ainsi la plus pauvre formée de mots orphelins a qui tu donnes une patrie les mots ouvriers de l’âme l’encens des formules communes mais sous ton ciel dans ta lumière ils retrouvent la frappe et le vif de l‘innocence.

Peuple de ce jour et de demain Peuple de très haute ascendance Chacun de tes hommes est comme le monument de lui-même.

Je sais les anciens temples d’or et de miel et les temples d’Islam sculptés dans la matière du jour mais pour ma prière je ne veux point d’autres parvis que tes plaines de cendre rose ni d’autel que les montagnes d’opale de lapis et d’hyacinthe dans la distance où l’homme perdu noyé de misère rejoint son essence qui est souffle pur et sa patrie l’œil de Dieu pleuvant en lumière au cœur de l’abandonnement.

Ces champs de paix où les tombes comme des fleurs blanches et bleues parmi les herbes où le sable déclinant vers la mer naissent puis lentement s’effacent et se fondent au sable rien ne marque leur borne…

Ici le geste humain est tel que d’une danse De tous connue et pratiquée par un savoir très ancien. Sa marque distinctive se transmet d’âge en âge en un ordre sacré qui scelle le nom d’homme : KOUN RAJEL.* Ainsi l’homme arrivé pousse l’enfant vers l’homme désignant l’origine et l’horizon.

Au vif d’un temps de fer ou Caïn forge sa revanche dans le déhalement des mers et des continents voici les chants profonds des descendants d’Abel. Au cœur de ce jour neuf de temps ancien reste vivant Seigneur et frère au nom de Dieu est l’Etranger Le maître sur son seuil tel un prêtre à l’autel s’incline pour l’accueil et le baiser de la paix.

Dans ce recoin de l’ombre où ma mémoire est prise un enfant m’attendait il ne me reconnaît pas. Moi je le reconnais au puits de son regard terrible en sa douceur d’étoile palpitante immobile sur l’horizon du temps profond.

Que dira l’homme d’âge ployant sous des images pour lui seul sacrées et pour lui seul surgies de la mer des jours morts à la mort arrachée par poignées dans le désir et le regret.

Le vent m’emporte avec le sable sans retour mais les lieux absolus où réside à jamais l’ombre de mon enfance bravent le temps rongeur tant qu’un mur blanc marque d’un signe pur la couture insensible qui lie la terre au ciel et la ville vivante avec le champ des morts.

Très loin dans la distance je vois ces cités saintes formées de blocs de jours maçonnées de nuit pure tant d’oiseaux et d’enfants piaillent parmi les fruits le front taurin d’une marée d’hommes en marche tournant le dos aux nostalgies des temps anciens. Ont-ils rompu le Sceau brisé la Loi secrète et noyé l’Arche antique ou la forme de l’homme comme graine première et semence éternelle préfigurait le pas et l’ordre et l’aventure même de tout enfant né sous ce ciel.

Que la mer monte et le printemps vers l’avenir. Mais le ciel en ce lieu conjurant tout désastre conciliera la loi des anciens sanctuaires avec les jeux nouveaux du compas et du plomb.

Les fleurs d’acier et les fleurs de verre et les constellations profanes au long des plages vous mangeront déserts steppes et plaines et vous jardins étagés sur la mer occultant Betelgueuse, Sirius et Rigel.

Nous passons, nous sommes passés, et nos pas sont effacés Restent seuls quelques signes ineffaçables que je trace en pleurant dans un lieu innommé.</blockquote>

samedi 18 décembre 2010

De la séparation à l'unité

Je me tiens dans ma chambre et d’abord je me tais

Je commence par déposer mes armes Je rends tout à la terre et redeviens ignorant.

Je rentre chez moi.

------
J'avance, sans artifices désormais, sur un sentier sinueux qui n'est dessiné sur aucune carte

et à mesure que j'avance, des bruits de fête autour de la demeure où se repose mon cœur se font de plus en plus proches

Les voix sont miennes mais je ne les entends que confusément

Tout au plus, je reconnais les échos de leurs prières chez quelques poètes.

------

Le voyage est encore long.</blockquote>

vendredi 17 décembre 2010

hic & nunc

Puisque nous avions vaincu l'illusoire succession des jours et des nuits

pour ne vivre désormais que d'instants volés

voici l'espace qui nous accueille, nous, les ignares sans demeure;

et le temps qui nous laisse partir, nous, les prisonniers inquiets.
Hic & nunc ; ni mémoire, ni désir

Juste l'humble soutien d'un brin d'herbe pour nous enseigner la verticalité

et le survol désinvolte d'une mouette d'été pour nous enseigner le vol plané</blockquote>

jeudi 16 décembre 2010

Ce qu'il y a

Ce parfum insaisi ce chant enfoui ce tableau inabouti

ce silence intenable

ne sont ni en moi ni en elle

ils ne sont qu'errance dans l'intervalle qui nous sépare.

Il n'y a que la peine inabolie

de l'irradiante solitude.</blockquote>

Distance

Entre l'astre le plus lointain et moi

une distance, inimaginable, reste encore

et pourtant

l'étoile est plus proche que toi

qui à mes côtés ne me voit pas.

La distance est une fausse mesure il y a des liens et il y a des murs.

le lointain m'écoute et le prochain m'ignore

et moi, qui entre les deux me déchire,

panse la blessure en écrivant la nuit.</blockquote>

Mémoire

Le jour est à peine écrit... et voilà bientôt qu'il s'achève.

C'est le temps qui s'en va, sans égard ni pour nous, ni pour personne;

quand bien même la nostalgie de l'aube naissante habite encore nos yeux.

...

Seul le souvenir résiste

telle une stèle érigée en mémoire aux songes égarés et aux amours inaccessibles.

Et ses ruines sont notre demeure pendant que tourne le monde.

...

L'ombre avance

Et dans la cheminée il y a ce matin qui brûle

et nos mots qui partent en fumée en attendant l'extrême exigence nocturne.</blockquote>

dimanche 12 décembre 2010

réminiscence

Fiat lux! une source de lumière jaillit et éclaire mon âme, j’entends la musique des origines et je souris… …

même si ici bas, des fois encore, il arrive que j’oublie d’accorder mon âme et mon corps et que le sourire quelques matins peut quitter  mes lèvres…

je sais qu’au delà de tout possible désespoir, subsistera toujours en moi un inépuisable fonds de joie,

souvenir d’un immémorial temps, réminiscence de la première partition

du temps où je ne fus... qu'une note de musique.</blockquote>

En écoutant Chopin

Tu joues la Marche funèbre de Chopin dans le hall bourdonnant d'une gare bondée

Mais personne n'écoute...ou très peu

Ce n'est rien...

apprends à oublier le sursaut de ton cri même si ta voix force ta bouche

et laisse le vent effacer le pauvre rêve que tu as créé

il en restera sans doute le parfum... et des ondes aux fins fonds de quelques âmes.</blockquote>

vendredi 10 décembre 2010

L'escalier

Au moment même de mettre le pied sur la trentième marche, il eût un léger doute. Il ne savait plus  s'il était en train de monter ou s'il était en train  de descendre.

...

A priori, tout indiquait qu'il montait.

L'orientation de son corps, le mouvement qu'il avait esquissé, la logique de l'escalier, sa propre intention une seconde avant de douter,...Tout indiquait qu'il était bien en train de monter.

Mais il lui manquait encore quelque chose pour s'en convaincre totalement:  il lui manquait de s'assurer qu'il était bien en bas, qu'il avait parcouru du chemin pour arriver à cette marche.

Le seul souci, c'était qu'il n'arrivait absolument pas à s'en souvenir.

Il était même presque sûr qu'il n'avait jamais été ailleurs que devant cette marche; celle qu'il croyait, quelques instants auparavant, la trentième d'un escalier qui monte.

...

Il sait maintenant quasi-certainement qu'il n'est ni en train de monter ni en train de descendre. Il est juste devant une marche qui n'est ni le début ni la fin de rien. Elle ne suit aucune autre, et n'est suivie d'aucune autre.

Était-il, depuis tout ce temps, en train de répéter indéfiniment un même geste? un geste qui lui donnait l'impression de monter mais qui en réalité était l'éternel recommencement de la même marche?

Un immense vertige s'empare de lui. Jusqu'à en trembler.

Il était là comme un acrobate nu, un équilibriste sur le vide, en suspens devant un abîme.

Et Il ne savait plus quoi faire.

...

Croire à la logique de l'escalier? Mais l'escalier n'a pas de logique. C'était lui qui avait une logique, c'était lui qui montait ou descendait. Que vaut-elle maintenant qu'il ne sait plus?

Attendre que quelqu'un passe à ses côtés pour lui demander ce qu'il devait faire? Mais que pouvait-il en savoir de plus cet autre? et à propos de quoi? à propos de la marche d'un escalier qui ne monte pas ?

Douter de son propre doute et faire confiance à son intention de "monter"? Mais que vaut son intention maintenant qu'il ne sait plus? Son intention peut-elle demeurer aveugle de ce qu'il fait réellement? ...

Il ne lui restait qu'une seule alternative viable : Accepter de remonter indéfiniment l'unique marche...et entretemps, traduire en arabe  les trente huit mille vers du Don Juan de Lord Byron.

jeudi 9 décembre 2010

Taxidermie

Poésie.... Taxidermie des instants perdus. Peaux de silences empaillées de mots.

Collections de fulgurances du muséum d'histoire musicale de la pensée.

Poète... Conservateur d'essentiel.

mercredi 8 décembre 2010

Chasse

Mes cinq sens guettent le moindre mouvement

d'un oiseau rare appelé "amour" que ne chassent que les nobles d'esprit.

et que je chasse. Noblesse oblige.

Oiseau hybride entre le sexe physique et l'amour mystique.

Incessante réincarnation d'Eros, sans cesse tué une première fois par la morale des pharisiens puis une deuxième par la médiocrité des vulgaires.

C'est un oiseau alchimique un oiseau qui navigue au plus haut des cieux.

Il est le temps éclairé par la jouissance de deux corps amoureux. Corps qui ne préexistent pas à la rencontre,

mais qui, dans leur étreinte, existent désormais et marchent ensemble vers leur mort inexorable.

Et pour le trouver, ce oiseau, il faut aimer la vie;

il faut être libre, il faut être noble, ...et il faut avoir des ailes pour chercher la beauté là où elle vole.

Pour lui, je me fais aigle.

---

Mon désir pour toi, Femme, naît de l'insondable nuit d'où je suis sorti et que je porte toujours en moi.

Ta chair éclaire ce néant.

et le paradis est une région de l'univers où tu as marché nue.

Ta chair éclaire  cet univers.

Et ma vie future sont tes yeux

où je déchiffre le mystère spirituel de la chair quand tu jouis et l'éclat charnel de ton âme quand tu me souris.

---

Mon amour...

Attends moi un peu...

Je dois encore allonger quelques instants la nuit première car mon désir est encore la matière de mon poème.

Le fauve ne doit pas être désaltéré tout de suite et le saut iliaque ne doit pas être pas achevé en une seule nuit.

Languis de moi un instant... Je  n'en ai plus pour longtemps... avec ce poème.</blockquote>

mardi 7 décembre 2010

Souliers

Examine.

Lis tes pas sur l'eau mais ne retiens pas les mots

les mots ne sont que des souliers et ce sont tes pieds qui marchent.

Sens.</blockquote>

Les mots menteurs

Il n'est vrai

que le sol humide et le concert des crapauds

les feuilles vertes et les lucioles phosphorescentes.

Ils ne disent jamais rien, mais ils existent plus fort que nous.

Quand allons nous comprendre nous les raconteurs,

que les mots mentent ...

et que la paix est végétale?</blockquote>

Goutte de rosée

Chaque goutte de rosée est une promesse qui s'impatiente Elle, qui ne voudrait après l'allégresse matinale qu'accompagner un soleil qui monte... ... et s'évaporer

dimanche 5 décembre 2010

Demi Sommeil

Qu'il est bon de profiter, en toute conscience, de sa léthargie.

les yeux mi-clos et le sourire en coin

Et la vie qui s'en va ... dans le consentement.

Droit dans les yeux

L'infini, droit dans les yeux, me regarde... et me nargue: "N'auras-tu donc jamais, le cœur assez grand pour que  j'y entre?"

samedi 4 décembre 2010

Feu doux

Ton courage, à deux mains, tu l'étouffes

pour ne plus jamais culpabiliser de la lâcheté de ne pas être libre;

et vivre sereinement ta compromission avec les cannibales, mangeurs de dignité humaine.

...

Tu as peur d'eux mais c'est ta peur qui te mange.

...

Ne te reste maintenant qu'à croire en Dieu ou tomber amoureux

pour oublier -mais tu ne l'oublieras pas-

que tes os se dissoudront quand-même dans l'acide de ton effroi.

...

cède mon ami, ne résiste plus

et ais au moins l'obligeance d'apprécier la douceur du feu,

où tu te fais cuire par ce monde anthropophage.</blockquote>

Dehors, Dedans

Il pleut dehors

un fracas, un soupir une ombre qui passe

et le nuage  noir qui traverse...

et l'averse

qui vient nettoyer le sol

de la pourriture de tout un jour de faux-soleil.

...

Il pleut dehors et le son de la pluie sur la vitre

qui résonne

et me rappelle qu'il pleut dedans aussi

une averse de larmes - toutes retenues -

qui se mélangent à mon sang et parcourent, contre mon gré, mes veines

- je nettoie moi aussi mon sol de la souillure de toutes mes abdications -

...

Il pleut dehors

et c'est ma chambre qui s'innonde

d'une eau bleue et fine venue d'un pays lointain

d'un eden perdu

ou je ne suis jamais allé mais que je visite souvent

...

Ah! il pleut dedans

de la musique encore,  de la musique !

il y a encore de la vie! il y a encore de la beauté en ce monde!</blockquote>

Aphrodite

Aphrodite callipyge qui se déhanche devant mes yeux

- le sens tu mon regard si lourd qui pèse sur ta croupe ?-

Tu le sais, certes! les femmes savent quand on les regarde!
...
et non, je n'y résiste pas forcément mais sublimant, quand tu te retournes,
mon ardeur ithyphallique dans un hymne à la beauté de ton visage

je te dis, en regardant tes lèvres : "Mais...Vous avez de très beaux yeux madame"

...

je ne mens pas à propos de tes yeux

mais il est que ...

enfin...

j'avais omis de te dire

...

je pense que vais l'écrire - c'est mieux- :

Gloire à celui qui en toi dit toute la vérité du monde.</blockquote>

vendredi 3 décembre 2010

A l'arrêt

Âme prudente

qui est allée trop loin dans l'art de la mesure,

n'avance plus,

s'assied et regarde le temps passer.

sous un arbre dont l'ombre ne l'atteint plus.</blockquote>

jeudi 2 décembre 2010

Silence

Des mots d'ivoire,

de nuit,

s'égrènant

à travers les interstices du silence

un

à

un

comme les perles d'un chapelet de prières qui, sans bruit,

tombent,

dans le vide.

---

Le poète, pourtant

écoute

et patiemment,

les recueille dans le creux de ses mains,

et arrose avec, la parole

qu'il cultive

aux abords de son cœur ému.</blockquote>

lundi 29 novembre 2010

Ancêtres

J'étais né. Me voilà aujourd'hui devant les portes de la cité et du haut de ses murailles le sphinx qui me demande: - D'où viens tu ? Je lui réponds - Qu'en sais-je? moi qui ne me souviens pas de la seconde d'avant que je ne sois conçu. Imperturbable, il me tance: - Tu n'entreras dans la cité que lorsque tu le sauras. Retournes d'où tu viens et cherches!

...

Je baisse la tête et m'efforce de me souvenir

J'étais mon père et ma mère qui s'aimaient dans la toute jeune république

j'étais mon grand père résistant et analphabète qui vivait sous la menace des armes coloniales

et mon arrière grand père qui labourait sa terre et versait la dîme au bey

et avant lui, un berger appartenant à une tribu rebelle venue s'établir dans les montagnes du nord

J'étais le disciple d'une communauté soufie perdue dans les collines de l'Atlas

et avant lui un juif bérbère vaincu par les armées arabes

J'étais un esclave romain qui vendait le marbre sur un port de la méditerrannée

et avant lui, un artisan numide qui vendait ses poteries à Carthage.

...

La trace de mes souvenirs écrits s'arrête brusquement ici Je dois fournir plus d'effort pour me souvenir

J'étais le fils d'un peuple de chasseurs qui vénérait les étoiles et les esprits du désert

et le père d'un peuple de cueilleurs qui vénéraient la Terre déesse mère

j'étais un homme du nom d'Adam fils d'un homme qui avait maitrisé le feu

lui même, fils d'un homme qui s'était relevé sur ses deux jambes

et avant, j'étais une espèce d'anté-homme qui sautillait dans les arbres et avant lui un petit mammifère qui se nourrissait de vers de terre

et bien avant, un amphibien qui découvrait le sol

J'étais un poisson aux dents longues

une méduse, un invertebré, une cellule qui se multipliait

j'étais de l'eau froide et avant elle de l'eau bouillante

j'étais une foudre qui descendait du ciel j'étais une étoile, un magma

La trace de mes souvenirs s'arrête encore une fois. Je ne me souviens plus de rien et pourtant je dois trouver d'où je viens... Je dois me souvenir de ce que je suis venu faire ou alors l'inventer ...

Au tout début, j'étais un néant et dedans la Vie qui s'impatientait

et avant, j'étais une parole dans le coeur de l'éternel

...

Je relève ma tête quelques années après la première question

et le sphinx me redemande: - Que viens tu faire ici? - Je viens achever un souvenir.

jeudi 25 novembre 2010

De vive voix

Je l'avais trouvée dispersée dans le vent

comme une feuille d'automne

cherchant désespérement où s'abriter des vents secs de l'époque...

n'importe où, me demanda t-elle même recluse dans des hiéroglyphes abandonnées Je suis encore vivante ... et "être dans le vent ... est une ambition de feuille morte " ...

Alors je la ramène chez moi

Au moins...me dis-je Tu auras donné un gîte à cette voix, ce chant des abysses qui sans paroles déclament  tes vérités essentielles

- et donnes lui aussi ce manteau que tu auras tissé des voix éteintes des matinaux et des crépusculaires-

...

Depuis, je l'entend parfois chanter pour quelques étoiles solitaires. - la beauté sauvera monde-

-----

Sans voix, ce n'est pas le silence mais la vague impression de ne pas exister

Au moins... j'aurais tenté de parler à mes semblables avant l'effacement de ma voix devant le silence éternel

Je voudrais qu'il en demeure comme un doux son de vagues dans un coquillage fossile</blockquote>

dimanche 21 novembre 2010

Rémanences

Gravures immémoriales sur mon front silencieux;

Témoignez ...

de ma mémoire saccagée par un souvenir impétueux

revenant sans cesse, pour repartir ausssitôt

en me laissant infiniment démuni devant le gouffre qu'est moi-même, et en m'ayant auparavant enjoint...et ardemment

d'y descendre chercher l'or du temps

et les pierres noires du temple profane que je construis

sur les décombres de mes anciennes certitudes.</blockquote>

samedi 20 novembre 2010

L'enfance d'un arbre

La graine qui s'imagine grand chêne, solennel dans sa forêt parmi les arbres

enfonce ses racines dans la terre et envoie ses feuilles vers le soleil. -- Je suis né graine,

venu à la vie pour grandir comme un arbre

et accueillir sur mes branches les oiseaux qui transmuent mon bois en chant matinal</blockquote>

Le véritable amour

Tu m'as tout entier à chaque fois que tu mets ta main dans la mienne.

Ce n'est pas un simple contact d'épidermes, c'est tout mon être que je mets à ta disposition.

Fermes les yeux et sois avec moi; tu m'entendras, dans mon absolu silence, te dire : je t'aime.

Saches seulement que mon amour est inquantifiable, inqualifiable, intemporel, insaisissable par la pensée. Toute immiscion de l'esprit, le tien ou le mien, même la plus imperceptible, le fait instantanément disparaître.

A chaque fois que tu m'entendras te le dire , saches que je ne veux rien dire à part cela: "je t'aime maintenant, en cet instant, de tout mon être." et strictement rien d'autre.

En cet instant, je n'existe plus, tu n'existes plus... mais nous existons dans notre plus parfaite expression.</blockquote>

jeudi 11 novembre 2010

Vitrail

Un rayon de révolte, de part en part, te traverse, et devant tes yeux, ta poussière suspendue;

Fais toi vitrail de cathédrale et colore tes yeux de joie, et ta bouche d'un mot d'amour.

La lumière qui t'éclaire n'en sera que plus belle.</blockquote>

La route

Aucun homme n'est né suffisamment près de l'origine du monde et aucun n'est mort suffisamment près de sa fin, pour que nous puissions croire son histoire et que nous cessions, enfin, de se souvenir d'un faux début et d'espérer une fausse fin.

L"homme est libre quand, en dépit de l'indétermination du mi-chemin, oublie son point de départ et ne soucie plus de son point d'arrivée; et consciemment marche en mortel, sans en être déçu. Celui-ci choisit la route, cédant volontiers le passage à ceux qui se pressent devant lui. Lui a en tête de mieux saluer le paysage.</blockquote>

lundi 8 novembre 2010

Bouteille à la mer

Une bouteille à la mer s'est réveillée  au beau milieu de l'océan sur son voyage: "Que fais-tu dans cet immense océan bleu, bouteille en verre? Et quel est ce papier qui te remplit le ventre? Pauvre de toi que les vagues tourmentent "

....

Tout autour d'elle des bidons se disputaient violemment pour une tâche d'huile sur l'eau.</blockquote>

Avoir un rêve

La lumière de vivre m'a, un moment, ébloui pour accentuer ensuite l'obscurité du théâtre.

Je regarde maintenant ma marionnette qui se fait balloter sur la scène du monde;

et le spectacle ne m'amuse plus...

mais il semble qu'il n'y a pas d'entractes, et on devra attendre la fin de la représentation.

La maudite nausée me reprend et toute l'ignominie de ce malaise est qu'il est supportable. La nausée ne tue pas, elle dégoute.

Il me faut changer de vie. Il faut que je rêve.</blockquote>

vendredi 5 novembre 2010

Les couleurs du désir

Je veux apprendre tes couleurs pour peindre le tableau du désir.

l'or de tes cheveux et le bleu de tes yeux,

le blanc de ta peau le rouge de ta bouche

et le rose...de ta rose.

Ô femme fatale Mon pinceau et ta toile;

jusqu'au petit matin au sommeil qui repose.</blockquote>

l'habitude de fuir

Nous avons hier, creusé de si nombreux tunnels et nous les connaissons désormais par cœur;

arrive aujourd'hui, le temps de les combler pour nous changer de l'habitude de fuir.

Respirons à l'air libre, le ciel nous supportera.</blockquote>

jeudi 4 novembre 2010

Refuge

Les hommes n'avaient plus foi en Dieu; ne subsistaient, pour se duper, que les religions ritualisées c'est à dire un artifice de la croyance.

Ils n'avaient plus foi dans le vivre ensemble; ne subsistaient, pour se duper, que les sociétés hiérarchisées, c'est à dire un artifice de la communauté.

Et ils n'avaient plus foi en eux-mêmes; ne subsistaient, pour se duper, que les corps fonctionnels, c'est à dire un artifice de l'être.

Ne se reconnaissant plus de ce monde, le poète fuit là où il a  foi en Dieu,  foi en l'autre et foi en lui-même. Il est ailleurs, c'est à dire en soi.

Son Dieu est une espérance fragile, sa communauté une parole poétique et son être un silence limpide...Trois notions : l'espérance, la poésie et le silence, totalement inopérantes dans le monde,  mais qui portent encore le sceau de la vérité.</blockquote>

mercredi 3 novembre 2010

Passé & Futur

Regardes le ciel tu verras un très lointain passé et tu te diras: voilà mon avenir

Regardes au fond de toi tu verras que tu es le chemin qu'emprunte l'âme pour redevenir étoile

Ne l'en détournes pas.</blockquote>

Doutes

Quelle impatiente prétention que d'oser écrire, ne serait-ce qu' une ligne, avant d'avoir lu mille livres...

et qu'il est vain le triomphe versifié de cet orgueilleux phraseur toujours ignorant.

...

Humilité! Je cherche encore ta porte.</blockquote>

dimanche 31 octobre 2010

Souci de sincérité

Garde ton témoignage pour toi. Les jurés ne t'écoutent pas.

Ta sincérité n'y change rien. Ils ne parlent pas ta langue.

Ne prends pas au sérieux ta vocation. Ils te condamneront.</blockquote>

La lecture du solitaire

une lampe allumée en bas d'un ciel bleu éclaire le jour du solitaire,

et un livre poussiéreux tombé de la besace du marchand de sable, ouvert entre ses mains;

ses yeux sont l'interminable lecture d'un rêve irrésolu

quand bien même il ne sait ni qui l'a écrit ni en quelle langue.</blockquote>

mercredi 27 octobre 2010

Eolienne

croisez votre vie quand vous ouvrez la fenêtre

et respirez la profondément

comme l'éolienne croise le vent comme l'éolienne respire le vent.

Elle danse et tourne heureuse quand passe le vent

dansez et marchez heureux quand passe la vie</blockquote>

Principe de réalité

Un petit homme englué dans ma tête

chasse les papillons avec des balles en caoutchouc

et rate le plus souvent ses cibles.

Les papillons ne meurent pas mais les balles perdues viennent toujours

taper l'intérieur de ma boite crânienne exactement derrière mes yeux.

La sensation qui s'en suit s'appelle lucidité.</blockquote>

Un acte de civilisation

Je n'ai  jamais compris pourquoi des hommes aux yeux aveugles et aux mains paralysés s'obstinaient encore aujourd'hui, à écrire des lettres d'amour. Je leur demande: "mais pourquoi  vous donnez-vous tant de peine?" L'un d'eux me répond: "Ceci un acte de civilisation. Sache que le monde ne meurt que lorsqu'on s'arrête de célébrer la beauté. Et il nous faut nous presser. N'entends-tu pas déjà derrière le charivari de l'époque, le silence d'un néant qui travaille?

lundi 25 octobre 2010

L'étincelle et la mer

Dans le pays du feu, l'on craignait beaucoup l'eau,et les jours de pluie étaient des jours de panique et de calamités. - Toutes les flammes  d'ailleurs, connaissent au moins un proche emporté par la pluie- ---

Une jeune étincelle entendit un jour,  parler d'une très ancienne légende du pays du feu, qui racontait que la pluie venait d'un endroit lointain et fait totalement d'eau, appelé "la mer".

L' étincelle décida, après une longue nuit de réflexion et avec toute l'ardeur du feu, de partir à la recherche de cette mer et d'en découdre une bonne fois pour toutes avec elle.

"Sois raisonnable, tu ne l'atteindras jamais", lui objectèrent les flammes. "Pas un feu n'est revenu de ce voyage".

---

Un long voyage et des années après, l'étincelle devenue flamme atteignit la mer au moment même où le soleil se couchait.

Elle s'assit sur la plage, et regarda subjuguée l'étendue immense de l'eau bleue; et au loin, le soleil qui y plongeait.

Une larme de bonheur lui coula sur la joue.

"Pauvre feux,  qui mangeaient du bois et mouraient dans le désert en attendant que le vent disperse à jamais vos cendres. L'eau est en nous et il n'y a  rien à craindre; c'est par elle qu'on atteint le soleil."

Que dire?

Chacun naît pour dire quelque chose

mais la parole juste ne vient jamais...

-ou très rarement-

Dieu nous  confia la parole mais avait omis de nous dire quoi en faire...

alors nous bavardons

-- nous gaspillons--

----

Que dire alors ?

Un poème? une prière? balbutier un timide je t'aime?

ou mieux se taire pour ne parler que comme chantent les oiseaux ?</blockquote>

dimanche 24 octobre 2010

Qui est-ce?

Écoute ce qui en toi respire sans ton aide.

Écoute ce qui en toi demeure sans lieu.

Écoute ce qui en toi s'en va sans chemin.

Écoute et dis moi Qui est ce?</blockquote>

La marche du sel

Pour libérer son peuple Ghandi marcha longtemps vers une plage de l'océan indien s'avança dans l'eau et recueillit dans sa main une petite poignée de sel

c'était une poignée de sel dérisoire mais elle a suffi à libérer un pays du joug d'un empire

--

Pour me libérer, je deviens Ghandi et je me fais mahatma et j'entame, chaque soir, ma propre "marche" vers les étoiles réclamant le sel qui m'appartient, ce sel qui reste lorsque s'évapore le jour, et que je recueille du bout de mes doigts dans les quelques lignes d'un poème.

quelques vers dérisoires qui ne changent pas la vie et encore moins le monde, mais qui m'aident à me tenir debout face au temps qui s'en va.

quelques mots pauvres et coincés dans les limites de ma cellule, mais c'est mon poing levé face au temps qui ne revient pas.

--

Je sais que libérer définitivement le peuple qui m'habite, est une tentative désespérée; mais je n'abandonne pas pour autant; l'empire du jour revient demain; et demain soir, la marche recommence.</blockquote>

jeudi 21 octobre 2010

Jeunesse...

Le jardin de ta jeunesse resplendit tout autour de toi

et tu te tiens immobile en son centre tel une statue de fontaine

regardant, dépité, le glissement des précieuses saisons

et ne te consoles point

la pureté de l'eau avec laquelle tu remplis ton bassin

ni l'éclat du marbre dans lequel tu sculptes ton corps

mardi 19 octobre 2010

Flèche

Une flèche qui traverse le ciel ne se demande pas qui l'a tirée, ni pourquoi il l'a tirée, ni s'il existe une cible ou pas, ni si elle veut l'atteindre ou pas, ni si elle va l'atteindre ou pas. Et ni l'archer, ni l'air, ni la cible ne peuvent lui dire quoi que ce soit. Il n'y a donc pour elle, rien d'autre à faire à part...continuer à voler.

Et il en va de même pour l'homme!

La première de ses libertés, c’est d’abord la liberté d’accepter la flèche qu'il est, une flèche traversant le ciel sans laisser aucune trace… Il lui faut commencer là où il est, de façon entière, sans réserve et sans regret, et accepter le "silence",  le "dénuement" et "l'inaction"; comme la flèche accepte le silence de l'archer, comme la flèche accepte qu'elle ne possède pas son mouvement, et comme la flèche accepte son impuissance à modifier sa trajectoire.

Tout esprit qui se retourne , qui s'arrête,  qui se convainc de l'existence d'un but ou de son inexistence, ou qui se convainc qu'il va l'atteindre ou au contraire le rater, ou encore pire, qui pense s'imposer une discipline qui lui fera atteindre ce but; est une comme une flèche qui se condamne à suspendre son vol et à coup sûr rater sa cible!</blockquote>

dimanche 17 octobre 2010

Déphasage

Le soleil se lève les hommes accumulent,

le jour disparait les hommes calculent,

la nuit se tait les hommes hululent.

...

le temps avance les hommes reculent.

Et un poète marche en funambule...

sur un chemin de liberté.</blockquote>

vendredi 15 octobre 2010

Dernières volontés

J'aimerai, quand viendra le moment, que je sois enterré non dans un cercueil mais directement à terre

et que soit planté au dessus de moi la graine d'un arbre qui puisse se nourrir de mon corps décomposé.

J'aimerai après ma mort offrir à un passant des fruits et un peu d'ombre</blockquote>

jeudi 14 octobre 2010

Je ne suis pas Prométhée

Tu me demandes de te délivrer du poids des jours et de réchauffer la tiédeur de ton quotidien.

Tu me demandes de te faire voyager au delà de la terre et de te donner un aperçu de l'éternité.

Mais tu oublies que ma terre est ta terre, que mon ciel est ton ciel et que mon siècle est ton siècle

Tu me demandes le feu... mais tu oublies que Prométhée est un mythe.</blockquote>

lundi 11 octobre 2010

Solitude

Ou te hisses tu tout seul ?

ton espace s'est déjà vidé de sa chair et il n'y a plus rien à dévorer

Il ne reste de toi qu'une peau qui frémit au toucher d'une caresse

et un cœur qui tressaille à une bise de tendresse</blockquote>

Prenez tout, il ne me manquera rien

Prenez tout il ne me manquera rien

prenez mes anciens jours et tout ce qu'ils contiennent, ils ne me servent plus à rien

Revenez demain et je vous en donnerai encore plus

tout cela...je l'ai connu et je n'en veux plus

---

Mon cœur a déjà sillonné tout l'espace de l'absurde, et plus rien ne le surprend ni au bout de la rue d'ici ni au bout d'un exotique voyage ailleurs.

Que lui reste t-il à connaître alors qu'il a entendu le silence?</blockquote>

samedi 9 octobre 2010

unité de mesure...

Dieu! Toi dont la solitude est infinie,

Toi qui ne parles à personne et que personne ne voit;

Dis moi à quoi mesures-tu ta solitude... là-haut?

J'aurai besoin de le savoir... pour mesurer ici bas la mienne.</blockquote>

mercredi 6 octobre 2010

Ponts...

Des ponts de bavardage sur des piliers d'ennui

se jettent entre les minutes de mes heures terrestres

Le jour prend tout et la nuit prend le reste.

---

Sous chaque pont je sais que coule la rivière

mais je suis bien obligé de traverser ...

Mes ponts me devancent puisque  je les construis moi-même

---

Ne me console en marchant que  de rares  heures célestes

que je peux seulement entrevoir quand je m'arrête un instant sur un de ces ponts,

et entends le poisson bleu, éternel reflet de la lune sur l'eau,

rire d'un homme en gris se tuant à construire des ponts

encore, encore et encore...

puis me remémore sa question: "Ou vas-tu?" et reprends ma marche vers le port.

mardi 5 octobre 2010

A la recherche

Je ne crois en rien de ce que je peux concevoir en pensée.

Je m'accroche à mon propre déséquilibre et défie, moqueur, l'apesanteur de mes idéaux,

ces mythes que je crée moi-même...pour moi-même; mais dont je reconnais la fausseté dès qu'ils m'invitent à m'asseoir.

Je me maintiens en l'air parceque je tombe sans cesse.

Je ne cherche plus avec raison, je trouve avec mon cœur</blockquote>

Infidélité

La sensation du devoir accompli est une sensation pernicieuse qui se glisse entre votre peau et vos os, comme une séduisante belle femme viendrait se glisser entre vous et votre pyjama ..., et qui chaque soir, viendra vous demander de coucher avec elle!

Ah! Le beau dilemme!

Dites vous-bien  cependant que chaque fois que vous lui cèderez; vous vous ferez cocu; vous tromperez votre âme...avec vous-même! Demain, votre belle maîtresse vous quittera et vous laissera seul, grelottant de froid sous vos draps.

je ne vous conseillerai pas toutefois la fidélité absolue à votre âme ardente! Cédez de temps en temps aux avances de la douce sensation du devoir accompli.

Tant qu'à faire, vaut mieux vous tromper avec vous-mêmes, car vous finirez sinon, tôt ou tard, par vous tromper avec le monde.

dimanche 3 octobre 2010

Tsimtsum

Oublier sa naissance

Oublier son école Oublier son village Oublier son pays Oublier sa religion

Oublier ce que l'on connaît

Devenir homme. Oublier -pléonasme-

...

D'abord se rétracter D'abord créer l'espace D'abord être libre

Ensuite lutter pour sa liberté

&nbsp;</blockquote>

vendredi 1 octobre 2010

La complainte d'Atlas

Il porte ce monde, depuis tant de siècles; sans que son dos ne rompe ou que ses genoux flanchent;
et ni les montagnes, ni les océans, ni les arbres, ni les bêtes, ne l'ont un jour excédé.
--
Mais depuis que nous, humains, nous lui marchons sur la tête, avec nos mains si lourdes;

jamais son fardeau ne lui a paru aussi pénible qu'il ne l'est aujourd'hui

--

Ayez pitié du pauvre Atlas... Il tremble.</blockquote>

jeudi 30 septembre 2010

Le secret

Le propre d'un secret est non qu'il ne se dise pas, mais qu'il soit véridique. sinon, il ne serait pas caché

--

Quelle est minuscule cette île, où tu te tiens debout...

sur un seul pied;

une plume dans la main. la mer pour encre, et le sable pour parchemin.

Es tu obligé d'écrire?

--

Les gens écrivent des S.O.S en lettres capitales.

Toi, transcrit en lettres minuscules

la parole qui te peuple, quand les cordes du silence vibrent au débattement de tes secrets,

C'est là ton unique témoignage, et il sera vrai.

--

En attendant que repasse, la rumeur universelle qui a un instant précédé la mer;

laisse trois points de suspension succéder à ton texte, en souvenir des trois points qui ont précédé le verbe...

Le désir qui illumine ta perception n'est que le second terme d'une métaphore tronquée, qui, hélas, te durera.</blockquote>

mercredi 29 septembre 2010

une étrange paix

Descendre au fonds de mon cœur et en extirper la douleur de ton absence;

à mains nues, avec les dents, ... avec acharnement ... jusqu'à la déraciner...

Je ne sais même pas où la trouver, et je ne suis pas, hélas,  assez méchant pour l'humilier par un haussement d'épaules indifférent.

Mais je dois descendre...

Je dois y aller parce que je cherche une étrange paix; une paix, qui ne pénètre le cœur qu'à travers ses plaies.</blockquote>

lundi 27 septembre 2010

La terre tourne

Au point aveugle où se tient la vie, tout est question de perspective. La pente ni s'élève ni descend; Il n'y a que n'allons pas tous dans la même direction.

****

La terre tourne Les hommes s'activent, et les évènement se multiplient.

On appelle cela l'actualité; c'est sympathique, c'est encourageant;

mais j'ai choisi de ne plus me soucier de l'éphémère. et de ne m'en tenir qu'à ce qui reste.

Et qu'est-ce cela qui reste?

rien. Il ne reste rien.

--

La terre ne tourne plus c'est moi qui tourne.

J'ai dix mille ans, et je suis né ce matin.</blockquote>

dimanche 26 septembre 2010

Le radeau

La terre d'un poète est faite de sables mouvants; il tire un pied...et l'autre s'enfonce. Il ne s'en inquiète plus, depuis qu'il appelle cela marcher.

****

Si j'avais le choix, j'arrêterais d'écrire;

parce qu'écrire me prive de nourriture, de sommeil et peut-être même d'amour.

je sais qu'écrire, c'est mourir; mais je ne m'en inquiète plus outre mesure, depuis que j'appelle vivre,"mourir en l'écrivant". --

Témoin de la vie qui s'enfuit,

j'enregistre le siècle qui passe pour le siècle qui vient.

Et  même si je sais que demain,

je serais comme ce vieil arbre, un tronc mort qu'on trouve sur la plage après un violent orage d'octobre,

blessé, sec et sénescent.

Je me dis qu'importe!

Comme ce tronc d'arbre qui, témoin de l'amour éternel de deux tourtereaux, en garde la trace sur son écorce: deux initiales, une flèche et un cœur.

Je serai le témoin de mon existence,

et sur mon corps, vous retrouverez aussi les traces d'une gravure: mon initiale, celle de la vie et un poème.

---

Je voulais me retenir,

et faire comme les poètes de la concision, ceux qui n'écrivent qu'un poème par année et un seul mot à chaque ligne.

je voulais partir au désert pour apprécier la moindre goutte d'eau;

me voilà sous le déluge comme si un vieux barrage avait craqué

les mots me submergent, et tout ce qu'ils charrient de douleur aussi.

mon péril n'est plus de mourir de soif, mais de me noyer.

Aimer est mon seul radeau La vie est ma seule île.

samedi 25 septembre 2010

Un clown est toujours triste

Le soleil ne connait pas la nuit, et il n'a que mes yeux pour voir. Je n'ai jamais vu le soleil mais je peux lui dire ce qu'est l'ombre.

****

Je ne me connais pas

Je me regarde dans un miroir mais je ne vois que mes masques

et mes masques me masquent... à celui qui, en moi, veut savoir

La lumière s'essouffle et je veux fermer les yeux,

mais je crains de ne plus rien voir;

alors comme les clowns, j'invente un autre masque histoire de voir un nouveau visage

et je me dis: "Pour quelques jours..."

--

Je suis un clown fatigué de ses masques.

je veux savoir ce qu'il y a  sous mon rire, et ce qu'il y a sous mon maquillage.

Donnes moi tes yeux, je suis un clown aveugle.

Aimes-moi, que je puisse me voir.</blockquote>

jeudi 23 septembre 2010

Expérience

Il est des instants comme celui-là, très courts et très rares, ou l'on saisit une étincelle entre ses mains ...

où le temps s'arrête et l'on peut percevoir en l'espace d'une seconde le début, la fin et toute la durée qui les sépare

où l'espace se réduit et l'on peut embrasser le temps d'un seul regard le ciel, la mer et toute la terre qui les sépare

où l'on peut marcher sur l'horizon et comprendre comment nagent les poissons et comment brillent les étoiles

où l'on peut parcourir le monde et comprendre comment éclosent les roses et comment meurent les volcans

et l'on voit réunis devant ses yeux tous les destins des hommes, et l'on comprend pourquoi la joie et pourquoi la douleur.

Puis on oublie tout. Puis on accepte la vie et puis on sourit.</blockquote>

Les métiers

L'apiculteur

L'enfant n'apprend en vérité à parler que pour arriver un jour à se taire; un jour quand la fleur du silence aura éclos dans le jardin de son cœur.

Devenu apiculteur, il saura que le nom du miel que l'on tire de cette fleur ne se dit pas.

--

Le tisserand

L'enfant n'apprend en vérité à ouvrir les yeux que pour arriver un jour à les fermer;  un jour quand la beauté sera l'unique couleur des rêves qu'il tisse dans son sommeil.

Devenu tisserand, il saura habiller l'obscurité environnante par des étoffes filées dans la lumière.

--

Le potier

L'enfant n'apprend en vérité à réfléchir que pour arriver un jour à se fier à son intuition;  un jour quand les mystères déborderont  des amphores de son savoir.

Devenu potier, il saura que l'infini ne peut être entreposé dans des vases en porcelaine.

--

L'agriculteur

L'enfant n'apprend en vérité à marcher que pour arriver un jour à marcher la tête haute; un jour quand tout autour de lui, les dos ploieront sous le joug des tyrans.

Devenu agriculteur, il saura que la liberté est sa seule terre et qu'elle ne se vend ni s'achète.

lundi 20 septembre 2010

Mon adresse

Les inconsolés se croisent, nombreux; et personne ne peut aider personne. A chacun suffit sa propre peine se disent-ils tristes,...puis se quittent.

Je ne peux les aider non plus; le prestige du malheur est une médaille d'anciens poètes.

Au mieux, je leur ouvre les portes de ma demeure, l'humble maison d'un ancien confesseur.

Mais ne viennent chez moi que ceux qui quittent les cimetières des jours perdus et les rêves des jours à venir.

Pour me trouver, ils auront pris le chemin de la vie, et se seraient arrêtés à la demeure de la joie.

Elle est sans extravagance aucune, et il n' y a aucune fête.

je n'y offre rien à part le présent...et quelques notes de musique.</blockquote>

dimanche 19 septembre 2010

Traduction

Je n'ai qu'un cahier à une seule feuille et il n'y a que ma réponse à un unique exercice:

"Tu es. Traduis"

Sur le recto, il y a des tentatives en beaucoup de langues ...et des ratures.

Sur le verso, il n'y a rien. Juste une note de bas de page qui ne renvoie à rien de vraiment précis.

J'y écris avec un crayon de couleur:

"ma vie est merveilleuse".

--

Je laisse le cahier et je  sors à la cour de récréation,

Un peu à l'écart, je regarde les autres enfants jouer. Ils sautent, ils crient, ils se disputent

Je leur renvoie la balle de temps en temps.

--

La récréation dure. Je suis assis à la même cour, et je m'amuse à écrire des poèmes.</blockquote>

vendredi 17 septembre 2010

comme un magritte

Je ne suis rien,
je suis comme ce tableau de Magritte,
juste une silhouette découpée dans le rideau de la conscience,
--
Je ne suis rien,
mais vous devez regarder  à travers moi
si vous voulez voir le monde,
--
Je ne suis rien,
mais je ne peux pas disparaitre;
vous effaceriez les couleurs, je serai le blanc qui reste.

mardi 14 septembre 2010

إمرأة خفية

جلست إلى الطاولة بهدوئها المعتاد.

طلبت عصير برتقال و إنتظرت.

--

عيناها تجولان المكان : السقف، النادل، الحرفاء اللذين يقهقهون بجانبها...

تقاطع ساقيها تحت فستانها الأحمر و عطرها الربيعي الخفيف يعطيانها إرتياح ملاك رباني يعلم أن الساعة آتية لا محالة.

تضع كاسها وترفع يديها لتصفف شعرها بحركة خفيفة لكنها تضع فيها كل ما تملك من أنوثة، ثم تنظر خلفها كما لو كانت تبحث عن شي ما ... أو هي لا تبحث عن شي...

--

الحرفاء يختلطون...لهو، مجون،...الرجال يغازلون بعض الفتيات... فتيات نصف عاريات..الكل يضحك...

...ولا أحد يلتفت إليها... لا نظرة و لا إبتسامة.

جميلة هي رغم ذلك، وجسدها تحت فستانها، يوحي بالاغراء...

--

تتخيل أن احدهم يقترب منها، يدعوها إلى كاس. سيتحدثان عن الفن، عن الأدب، عن السياسة، عن الكتب والموسيقى، ثم يخرجان من المقهى للمشي بعض الوقت في هذا الطقس الجميل. يقترح عليها أن يقلها إلى بيتها. ستقبل. و قبل أن تصعد إلى شقتها...سيمسكها و يحاول تقبيلها.  لن ترفض.

--

الضجيج المحيط بها يعيدها إلى الواقع. تريد أن تطلب كاس عصير أخر لكن حتى النادل لا يسمعها.

تلملم أدباشها وتهم بالخروج. في طريقها إلى الباب...تذهب إلى بيت الراحة...

رواق ضيق ومظلم بعض الشي..لا يهم

في أخر الرواق، تعترضها يد ذكورية . أحد الزبائن : أخرق، فض، ليس حتى وسيماً...رائحته  عرق و شراب... ينظر إليها بشهوة:

- لوحدك أنت أيتها الجميلة؟

--

تنظر إليه ولا تعرف ماذا ترد، سكران لن يستطيع حتى الوقوف لو دفعته باصبعها.

لكن كل ما يخطر ببالها في تلك اللحظة هو أن يغلق الباب وراءها، أن ينزع عنها فستانها اللعين و أن ياخذها من الخلف بكل ما يملك من طاقة ...بعنف إن أراد. لن ترفض.

لثوان، تغلق عينيها و تتخيل..

--

صوت جاف سرعان ما يقطع عنها خيالها

الرجل على الأرض و- أحد الزبائن المحترمين  ينظر إليها:

- لا تقلقي سيدتي، هذا الأخرق لن يقلقك بعد الأن.

يحييها بلطف و يخرج...

--

تخرج وراءه و  كأن في عينيها بعض الحزن. في طريقها إلى البيت تحس بغصة في حلقها. اليوم كبقية الأيام الاخرين...اليوم أيضا لن تعرف اللذة...اليوم أيضا، لن تحب أحداً و لن يحبها أحد

...جميلة هي رغم ذلك، وجسدها تحت فستانها، يوحي بالاغراء

--

تصل إلى شقتها. لا تريد أن تأكل شيئا.

تنزع فستانها بسرعة و  تأوي إلى فراشها.

يداها تجولان جسدها...

أ ترفض لنفسها في الحقيقة، ما لم ترفضه لرجل لا تعرفه في خيالها؟

...

ليس اليوم... ليس اليوم

جميلة هي رغم ذلك، وجسدها تحت غطائها، يوحي بالاغراء...

lundi 13 septembre 2010

Mes fleurs de jasmin

Mahmoud Darwich chantait la Palestine.
une Palestine plus vraie que nature.
Un pays qui n'existait pas sur le sol
mais existait dans son cœur;
Et Darwich était palestinien.
--
Il écrivait en arabe,
mais ce n'était pas parce qu'il écrivait en arabe
qu'on le savait palestinien;
mais parce que ses poèmes avaient
l'âme palestinienne.
Il les aurait écrit en hébreu,
ils seraient toujours  palestiniens!
****
****
J'écris en français
la langue de ma culture,
la langue de mes lectures,
la langue de ma tête;
--
la langue de mon exil
l'exil dans mon propre pays.
--
J'écris en Français,
parce que je ne sais pas écrire dans une autre langue;
mais je ne suis pas français,
je suis tunisien.
--
La Tunisie est un beau petit pays de la méditerranée
au nord de l'Afrique
au Sud de Paris
à l'ouest de la Mecque
à l'est de New York
au nord du pôle sud
au sud du pôle nord.
***
***
Je devise sur l'amour Dieu et les hommes
avec le vocabulaire français,
mais mes poèmes ne sont pas français
et pas encore tunisiens;
même si je les aurais écris en arabe,
ils ne seraient pas encore  tunisiens.
--
Ce que j'écris ici et là
n'a pas suffisamment l'âme de mon pays,
elle n'est pas française non plus;
ni allemande, ni porto-ricaine,
ni syrienne ni sud-africaine, ni  rien du tout, je veux juste qu'elle soit tunisienne
-- et je ne peux pas et je ne veux pas écrire en arabe ou en dialectal; je les parle et écrit parfaitement pourtant, mais je ne pourrais pas m'y exprimer clairement.
Je sais écrire en français
mais comment écrire en français que je suis Tunisien?
***
***
Aujourd’hui,
je ne suis d'aucune race
je ne suis d'aucune religion
je ne suis d'aucune langue
-- je suis berbère arabe turc français et citoyen du monde
je suis musulman chrétien juif bouddhiste et athée,
je parle arabe français anglais allemand et espagnol, je lis Nietzsche et Ibn Arabi  et écoute  Mozart et Lady Gaga, je porte des djeans américains et mange des pizzas italiennes et je bois le thé vert à la menthe après avoir mangé du couscous.
--
et je ne veux pas changer;
mais je veux aussi dire et écrire autre chose :
Je suis Tunisien.
****
****
Mon pays existe sur le sol
depuis longtemps, depuis toujours;
mais dans mon cœur, je n'y habite pas encore assez.
--
Je n'ai jamais quitté son territoire;
je connais de lui ce que ne connaissent pas les touristes,
J'en connais toute l'histoire; ancienne, présente et future
et je mourrai sans regrets pour son drapeau;
--
Toujours est-il, que je l'aime toujours moins qu'il n'en faut!
Demain, Je l'aimerai encore plus et ce ne sera jamais assez...
--
et certains  instants chéris me le rappellent; comme par exemple,
lorsque je regarde un crépuscule sur la mer méditerranée,
ou quand je me remémore le son de la pluie des hivers de Tabarka,
ou les mûres sauvages qui entouraient le potager de ma grand-mère
lorsque on allait la visiter en été,
--
ou comme en cet après midi de septembre,
quand j'ai cueilli, en marchant dans la rue, quelques fleurs de Jasmins,
et que leur doux parfum atteignit le fond de mes poumons,
et m'a tout de suite rappelé que je suis pour toujours ... Tunisien.

dimanche 12 septembre 2010

Pèlerinage épicurien

De tout temps, les religieux de tous bords et de toutes confessions enseignent que l'homme est un être "divin", exilé sur terre, en attente d'un paradis céleste. Aller vers la mort est son pèlerinage.

C'est agréable à croire, cela donne du sens à une vie de labeur mais...c'est une explication de premier degré, tout aussi facile que factice.

Renversons la logique!

La vie n'est pas anéantissement; elle est accomplissement.

Nous sommes des êtres terrestres , "exilés" au paradis: Nous avons des yeux pour admirer les étoiles, des oreilles pour écouter la musique, des nez pour sentir les parfums, des bouches pour gouter aux fruits, des mains pour caresser les corps et des cœurs pour les aimer.

Des Femmes, des Fruits, de la Musique, des Parfums et de l'Amour... n'est-ce pas là le Paradis?? Il est ici sur Terre, et nous avons tout les Sens pour y vivre.

Il faut juste y croire et faire l'effort d'affiner constamment son goût;  parce qu'il ne s'agit pas de quantité, mais de qualité.

C'est aimer la vie, même si elle est éphémère, et tout ce qu'il y a de beau, même si c'est rare; qui est le vrai Pèlerinage.

Allons, Amis de la vie; à nos bâtons de pèlerins!!</blockquote>

samedi 11 septembre 2010

Murmures hystériques

Je trace mes murmures sur le sable et la moindre vague les submerge.

Transatlantiques vagues, ou les emmenez-vous?

*****

Je les écris sur les feuilles des arbres et le moindre souffle les arrache.

Vents d'automne, ou les emportez-vous?

*****

Je garde mes murmures en moi et le moindre silence les efface.

Oublieuse mémoire, ou les enfouis-tu?</blockquote>

Argument ontologique

Croire aux anges, aux prophètes et aux livres; c'est se compliquer la vie et n'atteindre aucune vérité. ---

Dites simplement cela:

Je crois en l'au-delà parce que je crois en mon destin avec une femme ayant un avant-gout de cerises, un gout de poires et un arrière-gout de pêches.

Qu'importe les fruits que vous choisissez; la femme suffit amplement à gouter à tous les fruits en une seule fois; et à prouver l'existence de la suprême félicité et du paradis des délices.

---

les vrais incroyants sont ceux qui, incroyants en la femme, ne croient pas au gout exquis des fruits.</blockquote>

vendredi 10 septembre 2010

Tout n'est pas dit -II-

-II- Amis! ... j'ai honte, mais il faut que je sois honnête avec vous: Je ne vous mens pas, mais je ne vous dis pas la vérité.

La vérité est que les distances sont intérieures et les voyages immobiles.

j'imite, je pille, je vole, je plagie j'ajoute, je soustrais, je multiplie je dessine, je compose et je juxtapose

...mais je ne crée rien ---

je ne crée rien, parce que chaque poème s'est déjà choisi une forme, avant de me rencontrer au tournant d'une admiration ou d'une perplexité.

et sa puissance est qu'il se tire du néant comme le jour se tire des ténèbres. Je ne suis que son support; il trace sa route en moi et trouve sa demeure chez vous.

---

Les mots savent ou ils vont; pas moi. Ils savent de moi ce que je ne sais pas d'eux.

je m'illusionne leur amiral, les conduisant jusqu'à la page blanche. C'est eux en réalité qui me ramènent à la terre sain et sauf, avant de reprendre le large, en me laissant debout sur la plage, un manuscrit dans la poche.

Je ne le relis pas. je le signe.</blockquote>

Tout n'est pas dit -I-

-I- c'est la première fois que je suis; je n'ai pas été avant, alors j'écris; et je ne pense pas, que je sois venu trop tard pour que tout eut été dit.

--- Partout ou je vais, je découvre des régions nouvelles, des puits dans les déserts; et des trésors dans les épaves.

je rencontre des éclairs, des femmes, des étoiles des sourires,des doutes,des arbres, des désirs des silences, des fleurs, des ruines,...

De retour, je vous raconte mes odyssées bohèmes: moi aussi, j'ai voyagé, j'ai aimé des reines et écouté le chant des sirènes.

Et dans mon sac, mes poèmes: témoins de mes voyages, diadèmes de mes couronnes et musique de mes nuits

...</blockquote>

jeudi 9 septembre 2010

Saisons artisanales

Le bleu de l'été ne convient pas au travail de l'artisan; le soleil de la lucidité lui blesse souvent les mains

et beaucoup de feuilles ciselées par ses doigts en feu s'envolent dans l'air du temps

****

Cet automne, de peur que la sécheresse ne menace le futur des roses,

il a dû se résoudre à fermer son atelier, et monter arpenter le ciel et tailler les nuages en diamants;

Il espère toujours que les ombres hivernales soient plus propices, et que l'éclair féconde à nouveau l'argile</blockquote>

mardi 7 septembre 2010

Hypérions

Les parhélies d'un soleil originel se dédoublent indéfiniment sur les archipels de nos doutes,

et ils y reconnaissent la Vérité

--

Les spectres de ses lumières se réfractent malicieusement dans nos yeux humides

et ils y contemplent la Beauté

---

Dans le pays des fous et des languissants nous connaissons l'exil et le royaume,

Nous sommes leurs prophètes et nos Amours sont leurs psaumes.

---

Qui sommes nous, vous dites? On nous appelle  Hypérions ou encore...Poètes</blockquote>

lundi 6 septembre 2010

Asylum

A l'intérieur même de son cœur, se creuse l'intermontium du temps

et par dessus sa dépression capitoline se tient, haute et étroite,la passerelle des mystères humains.

---------

Sur ce fil de soi(e), au dessus de la déchirure entre l'essentiel et l'insignifiant,

s'élance, chaque nuit, un funambule du verbe, qui tente de reconquérir, la grâce d'un rêve, que les dieux maudissent

et que les hommes abandonnent.</blockquote>

samedi 4 septembre 2010

Habiter la vie en poète

Écrire... mais s'astreindre à ne retenir que l'essentiel : un sourire, un éclat, une lueur ou une nuance,

***

Choisir, à l'égard de la beauté ineffable du silence, ou d'habiter la vie en poète...

ou de tirer sa révérence.</blockquote>